Alors que la saison des pluies touche à sa fin dans le Nord du Bénin, les catastrophes naturelles liées au changement climatique continuent de causer des dégâts. Mi-octobre 2024, alors que la récolte approche, le Nord Bénin a subi de fortes pluies ayant eu un impact significatif sur les produits agricoles, compromettant ainsi le rendement des producteurs.
La pluie est essentielle à l’équilibre écologique de notre planète. Elle joue un rôle fondamental dans le fonctionnement du système climatique en participant aux échanges de chaleur entre la surface terrestre et l’atmosphère. En conséquence, elle conditionne les différentes activités agricoles. Au nord du Bénin, la saison des pluies s’étend normalement de mai à septembre. Cependant, le changement climatique a bouleversé ce cycle. Cette année, le nord a connu des pluies dévastatrices entre fin septembre et mi-octobre, alors que la saison des pluies avait débuté précocement avec quelques périodes sèches, notamment en août.
Ces dernières pluies ont causé de nombreux dégâts dans certaines localités. « Les dernières pluies ont fait tomber bon nombre de mes épis de maïs, les exposant aux rongeurs (termites, souris et autres) », témoigne Dogo N’weni, agriculteur à Darnon, un village de la commune de N’dali. Il ajoute qu’un autre de ses champs de maïs, déjà prêt pour la récolte, a également subi des dommages. « Je n’étais pas encore prêt pour la récolte. Malheureusement, j’ai constaté que certains maïs étaient tombés et repoussaient encore à cause de ces dernières pluies. », précise-t-il. Cette situation montre comment le changement climatique impacte directement la production agricole au Nord Bénin, rendant la gestion des cultures plus complexe pour les agriculteurs locaux.
Ces derniers jours, le Nord enregistre une petite chaleur dans certaines localités qui laisse à désirer. Les prévisions météorologiques avaient annoncé dès le début de la saison, des pluies excédentaires avec des débordements jusqu’à la fin de la saison. Il est donc probable que ces pluies continuent de causer des ravages, une conséquence directe du changement climatique.
Que faire pour éviter la dégradation du rendement des producteurs ?
Face à cette situation, il est urgent d’adopter des stratégies pour contrer la dégradation des rendements agricoles. À cet effet, Jérémie Akoungbé Dantigou, Technicien agro-pastorale, conseille l’utilisation de fongicides pour lutter contre les rongeurs tels que les termites. « Pour le maïs, les agriculteurs doivent enlever les spathes afin de faciliter la pénétration de l’air et éviter qu’il pourrisse », ajoute-t-il. En cas d’inondation des plantations, il recommande l’évacuation de l’eau à l’aide d’une motopompe ou par drainage. Il souligne également l’importance du contrôle régulier des productions lorsque la récolte coïncide avec des pluies tardives.
En cette période où l’insécurité alimentaire sévit dans le monde et particulièrement en Afrique de l’Ouest, il est crucial de protéger les productions contre les catastrophes naturelles pour contribuer efficacement à la lutte contre la faim et la misère. L’adoption de mesures concrètes comme la mise en place de systèmes d’information pour la jeunesse, la création de centres de prise en charge dotés de moyens adéquats et la formation du personnel peuvent être des moyens efficaces pour prévenir la dégradation des rendements agricoles. Encourager une lutte collective pourrait également être très efficace pour contrer ce phénomène.
Bambo Nestor NOANTI
