Le Mardi 25 novembre 2024, à l’Université de Parakou, Mama Seidou Nadiathou a défendu son mémoire de Master avec éclat. Ce travail, axé sur les mécanismes de gestion des conflits impliquant les personnes ayant une déficience visuelle au CPSA-Parakou, a révélé un engagement personnel et une rigueur scientifique remarquables. Son expérience sur le terrain, son analyse pertinente et sa détermination ont été saluées par un jury attentif et conquis.
Mama Seidou Nadiathou, étudiante en Sociologie et Anthropologie, option Médiation Sociale et Facilitation pour le Développement, a franchi une étape décisive. Sa soutenance de mémoire, portant sur les mécanismes de gestion des conflits au Centre de Promotion Sociale des Aveugles (CPSA) de Parakou, s’est déroulée sous les meilleurs auspices. Le mémoire analyse les conflits impliquant les personnes en déficience visuelle, un sujet original né d’une curiosité personnelle. « À chaque fois que j’allais à la bibliothèque CAEB, proche du centre, je voyais ces personnes handicapées visuelles », confie-t-elle. Interpellée, elle a voulu comprendre comment ces conflits étaient gérés.
Les recherches de Nadiathou s’appuient sur une approche participative. Elle a mené une enquête qualitative auprès de 83 personnes, incluant les usagers du centre, les dirigeants et les personnes en déficience visuelle. Sur le terrain, elle a recensé six types de conflits, notamment les conflits d’intérêts, de tâches, les malentendus et les conflits interpersonnels. Chacun d’eux est marqué par des causes spécifiques, des manifestations variées et des conséquences souvent lourdes. Le CPSA utilise plusieurs méthodes pour résoudre ces conflits : médiation, négociation, arbitrage et réconciliation. Mais seulement trois des six conflits identifiés ont trouvé une issue. « Chaque jour, des enfants venaient avec des problèmes. Là, j’ai compris que c’est seulement la vue qu’ils ont perdue. Ils sont comme nous », raconte-t-elle avec émotion.
Cette immersion de six mois a été pour elle une riche expérience. « J’ai pris part à des séances d’échange et de gestion des conflits où il y a eu de réelles confrontations, parfois entre les usagers et les dirigeants du centre », explique-t-elle. Elle a aussi documenté les perceptions des usagers sur les personnes en déficience visuelle. La prestation de Nadiathou a impressionné le jury. Ses efforts et son implication personnelle ont été unanimement salués. « Je suis fier de moi. Tout, je l’ai fait moi-même. J’ai vécu une belle expérience », souligne-t-elle avec satisfaction.
Avec cette réussite, Mama Seidou Nadiathou affirme son talent pour la médiation et prouve qu’elle est prête à relever des défis professionnels. Sa passion pour la recherche et son engagement envers les personnes en situation de vulnérabilité lui ouvrent des perspectives prometteuses. Une étoile montante dans le domaine de la médiation sociale. Avec un travail entièrement réalisé sur le terrain et une approche méthodique, Mama Seidou Nadiathou a démontré son professionnalisme. Elle a su captiver le jury par la pertinence de ses analyses et la richesse de ses observations.
Sa soutenance, marquée par l’authenticité et l’implication, est un exemple inspirant pour les étudiants et les professionnels du domaine. « C’était une belle expérience, professionnelle et scientifique », a-t-elle conclu, le regard tourné vers un avenir prometteur dans la médiation sociale et la facilitation pour le développement.
José Pascaël AGBO
