PREVISIONS BUDGETAIRES 2025 : Un budget 2025 ambitieux, mais marqué par un déficit préoccupant

La prévision budgétaire du Bénin pour 2025 annonce une augmentation significative des recettes fiscales, mais aussi un déficit inquiétant. L’État table sur 2.367 milliards de FCFA, mais les dépenses pourraient creuser un fossé de 1.184 milliards, bien au-delà de la norme de l’UEMOA.

Le Bénin entre dans l’année 2025 avec un budget ambitieux de 3.551 milliards de FCFA. Pourtant, l’écart entre les recettes et les dépenses prévisionnelles suscite des inquiétudes. En effet, le pays prévoit des recettes fiscales, non fiscales et autres s’élevant à 2.367 milliards de FCFA, mais les dépenses envisagées dépassent largement cette somme, avec un déficit budgétaire estimé à 1.184 milliards de FCFA. Ce déficit de 33,34 % est bien supérieur à la norme communautaire de l’UEMOA, qui limite les déficits à 4 % du PIB.
Cette situation préoccupante pourrait être atténuée par des emprunts domestiques et internationaux. Ces levées de fonds sont nécessaires pour compenser ce déficit et permettre au pays de financer ses projets de développement. Bien que l’écart entre recettes et dépenses reste conséquent, le gouvernement semble prendre des mesures pour inverser la tendance.

Une dynamique fiscale en hausse

La bonne nouvelle réside dans l’augmentation des recettes budgétaires, qui devraient connaître une hausse de 14,1 % par rapport à l’année précédente. Cette croissance est majoritairement alimentée par les recettes fiscales, qui devraient augmenter de 15,1 %. Plusieurs leviers sont utilisés pour atteindre cet objectif. La TVA, par exemple, connaît une prévision d’augmentation de 33 milliards de FCFA, en lien avec la mise en place de la facture normalisée. Cette mesure vise à mieux réguler et surveiller les recettes fiscales, un changement qui pourrait réduire la fraude fiscale et améliorer la collecte des taxes.
L’autre source majeure de recettes provient des impôts sur les revenus et les bénéfices, qui devraient également augmenter de 97 milliards de FCFA. Cette hausse est un signe de l’amélioration de l’activité économique, tant pour les entreprises que pour les particuliers, ce qui permet à l’État d’élargir sa base d’imposition.

Impact économique et social

L’augmentation des recettes fiscales ouvre la voie à de nouveaux investissements publics. L’État pourrait ainsi financer des projets d’infrastructures et des services publics essentiels, contribuant ainsi au développement économique du pays. Par ailleurs, la stabilité financière du pays s’en trouve renforcée, avec des perspectives plus solides pour 2025. Cela offre également une meilleure solvabilité pour emprunter sur les marchés financiers, en rassurant les créanciers et en augmentant la capacité d’emprunt de l’État.
Cette dynamique fiscale devrait également renforcer la confiance des citoyens et des investisseurs dans l’économie béninoise. En démontrant sa capacité à collecter les taxes de manière plus efficace, le gouvernement pourrait stimuler la confiance et encourager davantage d’investissements privés, tant nationaux qu’internationaux.

Les défis à surmonter

Cependant, la gestion du déficit reste un défi majeur. Malgré l’augmentation des recettes fiscales, le pays reste confronté à un fossé important entre ses prévisions de recettes et de dépenses. Le financement de ce déficit par des emprunts domestiques et internationaux soulève des interrogations sur la soutenabilité de la dette à long terme. Il est donc essentiel que le gouvernement mette en place une gestion rigoureuse de ses finances publiques pour éviter que cet endettement ne devienne un frein au développement économique.

En somme, les prévisions budgétaires pour 2025 annoncent une tendance positive avec une forte hausse des recettes fiscales, mais elles soulignent également les défis à venir pour le Bénin. Si l’augmentation des recettes offre une marge de manœuvre pour le financement du développement, la gestion du déficit et la soutenabilité de la dette doivent être soigneusement observées. Les choix du gouvernement pour allouer ces ressources seront cruciaux pour assurer une croissance durable et bénéfique pour l’ensemble de la population.

Jean Pierre ABALLO

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