LE TCHOUKOUTOU : une boisson locale qui rivalise avec les géants industriels

Également connu sous le nom de « Dolo » au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal, « Chibuki » au Zimbabwe, « Tchapalo » en Côte d’Ivoire, « Pito » au Ghana, et « Burukutu » ou « Otika » au Nigeria, le tchouk, diminutif de « Tchoukoutou », est une boisson traditionnelle du Bénin et du Togo. Cette boisson, très appréciée et consommée dans plusieurs pays d’Afrique, est fabriquée à partir de mil, de sorgho rouge ou brun, des céréales couramment cultivées dans la région Nord-Ouest du Bénin. Réputée pour son goût authentique et son accessibilité, cette boisson se distingue sur le marché face aux grandes industries.

Présente dans la sociabilité urbaine, le tchouk est consommé lors de diverses occasions. Dans le département montagneux de l’Atacora, au Nord-Ouest du Bénin, cette bière artisanale est prisée lors de manifestations, de cérémonies traditionnelles et d’offrandes pour invoquer les bénédictions des ancêtres. Elle constitue un héritage précieux, transmis de génération en génération. Selon Koffi Kpotchou, chef de département de sociologie à l’Université de Lomé, « cette boisson représente une divinité de l’eau et est utilisée dans toutes les cérémonies heureuses ou malheureuses ». De l’avis de nombreux touristes, le tchoukoutou, qu’il soit fermenté ou sucré, est un véritable vecteur de joie.

Outre ses multiples usages favorisant les liens sociaux et matrimoniaux, le tchoukoutou est de plus en plus prisé par les consommateurs, notamment en raison de son prix abordable. « Ici, nous vendons le tchouk à partir de 50f, avec des doses de 250f et 500f », explique Maman Délé, l’une des figures locales de cette boisson populaire et gérante d’un cabaret de tchoukoutou situé dans le quartier Nima de Parakou. Selon Antoine, un fidèle client, le tchoukoutou est économique : « Avec 100f ou 250f, je me retrouve déjà avec une dose maximale », confie-t-il.

Jour après jour, de petites entreprises comme « Ni Rajou » au Togo émergent en Afrique pour conditionner le tchouk produit localement dans des bouteilles, facilitant ainsi son exportation au-delà des frontières africaines. Ces initiatives permettent au tchouk de tenir tête aux géants industriels et à la bière importée, tout en respectant les normes d’hygiène nécessaires. Avec son goût unique, cette bière 100% produite en Afrique et surtout au Bénin fait la fierté du continent. Elle constitue un secteur porteur pour l’économie béninoise et même africaine, à l’instar de l’« atchieké » en Côte d’Ivoire. Dans cette optique, et si les autorités béninoises en faisaient un produit de préférence porté par le gouvernement ?

Bambo Nestor NOANTI

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