Le Président Patrice Talon a officiellement promulgué la loi N°2025-09 du 3 avril 2025, portant cadre juridique de la chefferie traditionnelle en République du Bénin. Ce texte, longtemps en gestation et source de débats passionnés, vient redéfinir les rôles, les responsabilités et les limites des autorités traditionnelles dans le pays.
La loi, désormais en vigueur, vise selon ses promoteurs à clarifier le statut des chefs traditionnels, à sécuriser leurs attributions et à éviter les dérives dans la gestion coutumière. Elle prévoit notamment des mécanismes de reconnaissance, de révocation et d’encadrement juridique des interventions des rois et chefs.
Mais cette décision ne fait pas l’unanimité. Plusieurs têtes couronnées, ainsi que des sociologues et juristes, dénoncent une tentative d’instrumentalisation politique de la chefferie traditionnelle et craignent une perte de légitimité populaire.
« Une telle loi, sans une large concertation avec les garants des traditions, pourrait fragiliser l’équilibre socio-culturel de nos communautés », a réagi un chef traditionnel du Borgou, sous couvert d’anonymat.
Malgré les réserves, le gouvernement reste ferme : il s’agit d’une réforme indispensable pour moderniser la gouvernance locale et éviter les conflits d’autorité dans les communes.
Cette promulgation, à quelques mois des joutes électorales de 2026, relance le débat sur les rapports entre pouvoir politique et autorités traditionnelles dans un État laïc et démocratique.
Patrice BIAOU
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