ENTRE VÉRITÉ SOCIALE ET HYPOCRISIE CONJUGALE : La tribune choc d’Adiza Arouna

Les débats autour des modèles conjugaux en Afrique refont surface, cette fois portés par une voix féminine engagée : Adiza Arouna, conseillère municipale à Parakou et vice-présidente de REFELA/Bénin. Dans une tribune audacieuse publiée sur les réseaux sociaux, elle interpelle les consciences et invite à regarder la réalité sociale en face, loin des tabous et des hypocrisies.

Tout est parti d’une déclaration de la députée-maire ivoirienne Naya Jarvis Zamble, affirmant récemment sur Life TV : « Je suis prête à intégrer un foyer polygame. » Une phrase qui, selon Adiza Arouna, a déclenché un tollé, mais révèle surtout une vérité largement tue.

«Ce que Naya Zamble dit tout haut, beaucoup de femmes le vivent tout bas. Pourquoi continuer à se mentir ? », questionne-t-elle d’entrée de jeu.

Dans sa réflexion, Adiza Arouna évoque un paradoxe : alors que la monogamie est promue comme l’idéal conjugal par excellence, la réalité quotidienne est toute autre. Infidélités, familles parallèles, relations cachées : des situations connues, parfois tolérées, mais rarement assumées.

«Nos hommes sont presque tous liés, de façon visible ou cachée, à d’autres femmes. Et nous, femmes, nous savons. Nous voyons. Nous souffrons parfois, nous tolérons souvent… », déplore-t-elle.

L’élue communale ne cherche pas à glorifier la polygamie, encore moins à opposer cette pratique à la monogamie occidentale. Son plaidoyer est plutôt une invitation à repenser nos modèles conjugaux selon les réalités africaines, en sortant des schémas imposés et des hypocrisies sociales.

Pour Adiza Arouna, il est temps de réfléchir à des formes d’unions qui nous ressemblent et dans lesquelles les partenaires pourraient définir librement les règles de leur engagement. Elle cite en exemple le Sénégal, où la polygamie est encadrée par la loi, offrant ainsi des droits et protections aux femmes impliquées dans ces unions.

« Ce n’est pas une question de reculer ou de trahir un idéal. C’est une forme de lucidité. Il est plus courageux d’assumer une réalité que de vivre dans le déni. »

Ce discours ne manquera pas de susciter des débats. Mais il pose une question essentielle : et si, au lieu de vivre dans le mensonge, nous choisissions la vérité ? Une vérité qui ne glorifie ni l’un ni l’autre modèle, mais invite à plus de liberté, de transparence et de responsabilité dans la construction du couple en Afrique.

Adiza Arouna signe là une analyse sociale audacieuse, portée par son engagement de femme et d’élue, à mille lieues des discours consensuels. Une voix qui pourrait bien ouvrir une brèche dans les non-dits et repositionner le débat sur les fondements du vivre-ensemble conjugal en Afrique.

Patrice BIAOU

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