LUTTE CONTRE LES INFOX : Le Cnin met en garde les administrateurs de groupes WhatsApp

Le Centre National d’Investigations Numériques (CNIN) monte au créneau face à la recrudescence de la désinformation circulant sur les réseaux sociaux, notamment via WhatsApp. Dans une communication rendue publique ce 1er mai 2025, l’institution spécialisée a formellement mis en garde les administrateurs de groupes contre toute forme de complicité passive dans la diffusion de fausses informations.

Cette sortie intervient dans un contexte tendu où plusieurs publications erronées, notamment sur la supposée fuite de l’ex-directeur général de la Police républicaine, ont envahi les réseaux, alimentant la confusion dans l’opinion publique. Ces messages viraux ont conduit à des interpellations, dont celle d’un individu soupçonné d’être à l’origine de l’un des posts mensongers.

Le CNIN rappelle que la loi béninoise encadre strictement l’usage des technologies de l’information et de la communication. À ce titre, tout administrateur de groupe WhatsApp est juridiquement responsable des contenus qui y circulent lorsqu’il n’exerce aucune modération ou laisse volontairement proliférer des contenus manifestement faux ou diffamatoires.

Dans son communiqué, le CNIN invite les administrateurs à « une vigilance accrue » et les exhorte à collaborer activement à l’effort collectif de lutte contre les infox. L’institution annonce d’ailleurs que des mécanismes de surveillance numérique sont déjà en cours de renforcement, en synergie avec la Police républicaine et l’Agence des Systèmes d’Information et du Numérique (ASIN).

Par cette mise en garde, le CNIN entend aussi responsabiliser davantage les acteurs de l’écosystème numérique, à l’heure où les réseaux sociaux jouent un rôle majeur dans la diffusion de l’information, souvent au détriment de la véracité.

Les internautes, eux aussi, sont appelés à faire preuve de discernement : « Avant de partager, vérifiez », peut-on lire dans les recommandations annexes du CNIN. Car une infox virale peut porter atteinte à l’ordre public, à la réputation d’autrui, et à la stabilité institutionnelle.

Cette posture du CNIN marque une étape supplémentaire dans la volonté des autorités béninoises de réguler l’espace numérique sans pour autant restreindre la liberté d’expression, mais en veillant à son exercice responsable.

Kadidjath Morou

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