đ Un vieux conflit foncier Ă©clate dans la violence
Pris Ă partie alors quâil sâapprĂȘtait Ă labourer son champ Ă Woyorgou Bansou, le chef dâarrondissement de Sonsoro, Sanni Barou Hanmi, a Ă©tĂ© violemment agressĂ© vendredi 13 juin 2025 par une soixantaine dâindividus armĂ©s. HospitalisĂ©, il accuse un groupe rival dans un litige foncier remontant Ă 2014.
La scĂšne est dâune violence inouĂŻe. Vendredi aprĂšs-midi, Ă Woyorgou Bansou, dans lâarrondissement de Sonsoro (commune de Kandi), le chef dâarrondissement, Sanni Barou Hanmi, a Ă©tĂ© victime dâune agression sauvage sur son propre champ. AccompagnĂ© de quelques proches, il sâapprĂȘtait Ă entamer les travaux agricoles quand une horde dâindividus armĂ©s surgit.
Selon ses confidences recueillies Ă lâhĂŽpital de zone oĂč il est en soins intensifs, les agresseurs seraient liĂ©s Ă un vieux conflit foncier que la justice avait pourtant tranchĂ© en sa faveur en 2014. « Câest un domaine dont je dĂ©tiens les droits depuis un jugement que jâai gagnĂ© en 2014 », rappelle-t-il, le bras gauche fracturĂ© et le corps meurtri. Lâattaque aurait Ă©tĂ© minutieusement planifiĂ©e.
Les agresseurs, armĂ©s de fusils artisanaux et dâarmes blanches, Ă©taient « prĂšs dâune soixantaine », tĂ©moigne une autre victime. Tous ceux prĂ©sents sur le champ ont Ă©tĂ© violemment molestĂ©s. « Ils nous ont tous rouĂ©s de coups. Jâai des blessures au dos, aux fesses. Je ne peux mĂȘme pas mâasseoir », confie lâautoritĂ© locale, encore sous le choc.
Le rĂ©cit devient glaçant lorsquâil Ă©voque les humiliations supplĂ©mentaires : pendant quâil recevait les coups, ses agresseurs lâauraient contraint Ă enregistrer des dĂ©clarations mensongĂšres oĂč il affirmait nâavoir subi aucune perte. Une somme dâenviron 300.000 francs CFA lui a Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©robĂ©e. Lâun de ses compagnons dâinfortune a Ă©galement Ă©tĂ© hospitalisĂ© dans un Ă©tat prĂ©occupant.
Ce nâest pas la premiĂšre fois que ce litige foncier dĂ©gĂ©nĂšre. LâannĂ©e prĂ©cĂ©dente, les enfants du Chef dâarrondissement auraient Ă©tĂ© intimidĂ©s, selon des sources concordantes. Mais cette fois, la violence a franchi un seuil critique.
Les agresseurs, aprĂšs leur forfait, ont pris la fuite. Pour lâheure, aucune arrestation nâa Ă©tĂ© signalĂ©e, mais une enquĂȘte a Ă©tĂ© officiellement ouverte. Les autoritĂ©s locales, informĂ©es de lâincident, promettent de faire la lumiĂšre sur cette affaire qui relance le dĂ©bat sur la gestion des conflits fonciers dans le septentrion bĂ©ninois.
