
Le Bénin a rejoint ce mercredi le réseau international GlobE Network, une plateforme d’échange d’informations entre les autorités anticorruption à travers le monde. Objectif : mieux traquer les flux illicites et renforcer la coopération judiciaire.
À l’heure où les scandales financiers se jouent souvent à l’échelle internationale, le Bénin choisit d’entrer dans une nouvelle ère. Le Conseil des ministres du 16 juillet 2025 a validé l’adhésion du pays au GlobE Network, un réseau lancé par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), qui connecte les autorités de lutte contre la corruption de plus de 100 pays.

Grâce à cette adhésion, les services béninois, Inspection générale d’État, juridictions spécialisées, cellule de traitement des informations financières (CENTIF) – auront accès à une plateforme sécurisée d’échange rapide d’informations avec leurs homologues étrangers.
« Il devient difficile de démanteler une chaîne de corruption sans coopération internationale. Le GlobE Network nous offre les moyens techniques de franchir les frontières judiciaires », explique un haut magistrat proche du dossier.
Le Bénin espère ainsi accélérer ses enquêtes sur les flux financiers suspects, identifier des sociétés écrans domiciliées à l’étranger, ou encore obtenir plus vite l’exécution de commissions rogatoires.
Mais l’adhésion seule ne suffira pas. Les spécialistes rappellent que l’efficacité repose aussi sur la qualité des dossiers transmis, la volonté politique de poursuivre les « gros poissons », et la protection réelle des lanceurs d’alerte.
Pour les organisations de la société civile, cette avancée est prometteuse, à condition que le pays « garde le cap d’une justice indépendante, outillée et libre de toute influence politique ».
