Pamphile Claude Zomahoun a été nommé Ambassadeur adjoint, Envoyé spécial pour Haïti, à l’Ambassade du Bénin à Brasilia. C’est l’une des grandes décisions issues du conseil des ministres de ce mercredi 17 avril 2024. Une nomination du chef des services de renseignements qui suscite de nombreuses réactions depuis son annonce. Pour bon nombre d’observateurs, Patrice Talon se serait une fois de plus séparé d’un proche, après celui de Johannes Dagnon, conseiller spécial du Chef de l’État.
La nomination du Colonel Pamphile Zomahoun, jusqu’à présent responsable des services de renseignements depuis l’arrivée au pouvoir du Chef de l’État Patrice Talon, au poste d’ambassadeur adjoint, envoyé spécial pour Haïti à l’ambassade du Bénin à Brasilia, est loin d’être perçue comme une promotion pour l’homme. Dans l’opinion publique, cela est plutôt considéré comme une sanction, voire un limogeage déguisé, en raison de la situation difficile actuelle du pays de destination qui ne possède même plus d’exécutif. À Haïti, la situation n’est pas si éloignée de celle du film « Mad Max ».
L’île, autrefois surnommée la « Perle des Antilles », est livrée aux gangs et se retrouve désormais sans direction politique depuis la démission, le 11 mars, de l’homme qui assurait l’intérim depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021. En effet, le Premier ministre Ariel Henry a préféré partir plutôt que d’affronter les bandes armées qui réclamaient sa tête. Quel avenir attend maintenant ce pays balloté par l’histoire et ses drames ?
À cette question, de nombreux observateurs restent sceptiques et refusent de croire à une promotion pour le désormais ex-patron des services de renseignements, loin des affaires de Cotonou. Les faits qui restent encore en mémoire des Béninois sont les départs de certains proches collaborateurs du président de la République de l’appareil étatique, comme ce fut le cas des ministres Oswald Homeky, ex-ministre des sports, Aurélien Agbénonci, ex-ministre des affaires étrangères, Séverin Quenum, ex-garde des sceaux et ex-ministre de la justice, ou encore plus récemment du conseiller spécial, celui considéré comme la tête du système Talon, Johannes Dagnon. Plusieurs analystes tentent de rapprocher ces différentes séparations inattendues du syndrome de fin de pouvoir.
Et quand on considère l’importance du poste d’un agent de renseignement, en particulier du patron de ce service, pour la réussite et la gestion des affaires, le colonel Pamphile Zomahoun traverse actuellement une période difficile à réfléchir pour affronter les possibles obstacles de ses nouvelles fonctions.
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