Dans le cadre de la 3ᵉ édition du Festival des Masques de Porto-Novo, un colloque scientifique international s’est tenu le samedi 25 juillet 2026 à l’École du Patrimoine Africain (EPA), à Porto-Novo. Cette rencontre a réuni chercheurs, universitaires et passionnés du patrimoine autour des dimensions historiques, culturelles et spirituelles du vodoun. L’objectif était de mettre en lumière les liens entre le naturel et le surnaturel qui fondent l’existence et la symbolique des masques dans les sociétés africaines.
« La théologie du vodoun », tel est l’intitulé de cette communication conduit par le Professeur Mahougnon Kakpo. Au cours de son intervention, il a retracé les origines de l’espace culturel Àdjā Tādó. Selon lui, cet espace s’est constitué à partir d’un mouvement de populations allant de Lagos à Accra, en passant par Cotonou, dessinant ainsi l’aire culturelle Àdjā Tādó.
Poursuivant son exposé, le professeur a présenté les différents éléments de la nature ainsi que les vodouns qui leur sont associés. Il a indiqué que, dans la conception traditionnelle africaine, cinq éléments naturels structurent l’univers : la terre, gouvernée par Sakpata ; le feu, sous la protection de Hêviossô ; l’eau, représentée par Tohossou ; l’air, incarné par Dan, qui assure le lien entre le ciel et la terre ; et enfin le sang, présenté comme l’élément qui coordonne les quatre autres et permet la circulation de l’énergie entre les êtres et les esprits.
Par ailleurs, le communicateur a également évoqué les esprits imperceptibles, parmi lesquels les Minonnans, qu’il a associés à un pouvoir suprême, ainsi que les vodouns Sêgbolissa et Lêgba. « èlègbara, qui signifie en yoruba : puissance » a-t-il précisé tout en rappelant que le Lêgba est considéré comme le gardien des seuils et des passages.
En conclusion, le professeur Mahougnon KAKPO a expliqué la structure du serment vodoun. D’après lui, celui-ci comporte trois étapes : l’invocation des esprits, l’engagement à ne jamais révéler les connaissances acquises lors de l’initiation à des personnes non qualifiées, puis l’auto-imprécation, qu’il a présentée comme la phase essentielle du serment, au cours de laquelle l’initié accepte lui-même les conséquences d’un éventuel manquement à son engagement.
À travers cette communication, le colloque a offert aux participants une réflexion sur les fondements théologiques du vodoun et sur sa place dans la compréhension du patrimoine culturel africain.
Souvenir ZANNOU
