GOUVERNANCE EN AFRIQUE : Le Bénin au-dessus de la moyenne continentale selon l’Indice Mo Ibrahim 2026

Publié le 31 octobre 2026, le nouvel Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique met en évidence une amélioration globale, mais inégale, de la gouvernance sur le continent. Le Bénin figure parmi les pays dont les performances dépassent la moyenne africaine, au terme d’une évaluation portant sur la période 2016-2025.

Le Bénin se positionne au-dessus de la moyenne continentale en matière de gouvernance publique. C’est l’un des enseignements de l’édition 2026 de l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG), publiée le 31 octobre dernier par la Fondation Mo Ibrahim. Cet outil d’évaluation passe en revue les performances des 54 pays africains sur une période de dix ans, de 2016 à 2025, afin de mesurer les progrès accomplis et les défis persistants dans la gestion des affaires publiques.

L’indice évalue la gouvernance à partir de quatre grandes dimensions : la sécurité et l’État de droit ; la participation, les droits et l’inclusion ; les fondements des opportunités économiques ; et le développement humain. Ces quatre catégories regroupent 16 sous-catégories et s’appuient sur 319 variables issues de 59 jeux de données provenant de 51 sources africaines et internationales.

Au-delà du positionnement des différents pays, le rapport fait ressortir une légère amélioration de la gouvernance globale en Afrique au cours de la décennie étudiée. Cette évolution est principalement portée par les progrès enregistrés dans les fondements des opportunités économiques et le développement humain. Les infrastructures, l’accès aux services sociaux et certains indicateurs économiques ont notamment contribué à cette dynamique.

Les progrès en matière d’infrastructures constituent l’une des évolutions les plus marquantes relevées par l’indice. Des améliorations ont été enregistrées dans 52 pays sur 54, notamment en ce qui concerne l’accès à l’énergie, à Internet et les communications mobiles. Le rapport relève également des avancées dans les domaines de la santé et de l’éducation dans plusieurs États du continent.

Toutefois, cette progression générale demeure fragile. La sécurité et l’État de droit connaissent une détérioration dans 34 pays, tandis que la catégorie consacrée à la participation, aux droits et à l’inclusion recule dans 31 pays. Ces résultats soulignent les difficultés auxquelles restent confrontées plusieurs sociétés africaines en matière de stabilité, de respect des droits, de participation citoyenne et de fonctionnement des institutions.

Le rapport met également en évidence le lien entre la qualité de la gouvernance et les performances économiques. Les résultats de 20 pays montrent que les progrès dans les opportunités économiques sont, en moyenne, plus importants lorsque la sécurité et l’État de droit s’améliorent également. Autrement dit, les avancées économiques ne peuvent être durablement consolidées sans des institutions solides et un environnement favorable à la stabilité.

Dans le classement général, les Seychelles occupent la première place, suivies de Maurice, du Cap-Vert et du Botswana. Le Bénin figure à la 12ᵉ position selon les données de classement relayées après la publication de l’indice. Cette place le situe dans le groupe des pays africains dont les performances dépassent la moyenne continentale.

Pour la Fondation Mo Ibrahim, ces résultats témoignent de la capacité du continent à enregistrer des progrès malgré les crises et les chocs successifs. Ils rappellent cependant que les avancées économiques et sociales doivent s’accompagner d’efforts soutenus en matière de sécurité, d’État de droit et de participation citoyenne.

Au Bénin, cette appréciation comparative constitue un indicateur de la trajectoire du pays au regard des critères retenus par la Fondation. Elle ne saurait toutefois résumer, à elle seule, l’ensemble des réalités de la gouvernance nationale. L’intérêt de cet indice réside aussi dans sa capacité à mettre en évidence les domaines où les résultats progressent et ceux qui nécessitent encore des améliorations.

Patrice BIAOU

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