Chaque 11 mai, on célèbre la mémoire de Bob Marley, figure emblématique du reggae et prophète de la libération des peuples. Mais au Bénin, comme ailleurs, la journée vire de plus en plus à un triste détournement.
Dans plusieurs centres universitaires, la journée du 11 mai est devenue un prétexte à la débauche, à la consommation effrénée de chanvre indien, d’alcool et à des regroupements sans idéal ni conscience. Sous prétexte d’honorer l’homme, on profane son message.
Sur les campus, des sons résonnent, les dreadlocks s’affichent fièrement, les tee-shirts floqués « Marley » pullulent… Mais la philosophie de l’homme, son combat pour la dignité humaine, sa foi en une Afrique unie, sont balayés d’un revers d’indifférence. La révolte saine qu’il incarnait a laissé place à une errance festive, déconnectée de tout fondement militant.
Bob Marley n’a jamais fait l’apologie de la déchéance. Il chantait l’éveil, la responsabilité, la foi en la justice. Loin de cela, des jeunes profitent de cette date pour s’adonner aux pires excès, transformant une icône en alibi de perdition.
La jeunesse béninoise doit se réapproprier le vrai message de Marley. Elle doit comprendre que le reggae n’est pas qu’un rythme, mais une posture de vie. Le 11 mai doit redevenir un moment de réflexion, un appel à la prise de conscience, et non un festival de fumée et de futilité.
