La tomate, l’un des légumes les plus utilisés en cuisine, est devenue une denrée rare dans la ville de Parakou. Et pour cause, son prix a triplé sur les étalages des marchés. Une situation difficile aussi bien pour les consommateurs que les revendeuses qui s’en plaignent au quotidien. Pour mieux comprendre les réelles causes de cette flambée, la rédaction de Éveil Info a fait un tour sur le marché Arzèkè de Parakou ce jeudi, 30 mai 2024.
Depuis quelques jours, la tomate s’achète à prix d’or. Elle n’est plus accessible à tous à Parakou, dans le nord-est du Bénin. Pour s’en procurer, il faut désormais débourser bien plus que d’habitude. « Un tas de quatre tomates fraîches, vendu auparavant à 100 Frs coûte aujourd’hui entre 200 frs et 400 frs alors que la boîte qui coûtait 500 se négocie désormais entre 2000 F / 2500 F et 3000 F selon la qualité », révèle Alassane Nabilatou, une consommatrice de tomates fraîches au marché Arzèkè, devant une vendeuse.
Curieux de connaître les raisons de cette flambée soudaine, une revendeuse explique que cette hausse du prix de la tomate n’est pas due aux petits vendeurs comme elle. Les grossistes, précise-t-elle, « nous vendent le panier à 30 000 F, 35 000 F, voire 40 000 F selon la qualité, au lieu des 20 000 F ou 22 000 F habituels. Nous sommes donc contraints de revendre plus cher. Cela affecte nos ventes».
Pour Rebecca, la quarantaine, et plusieurs autres grossistes et revendeuses rencontrées au marché Arzèkè, ce problème est multifactoriel. Elles pointent du doigt la faible production locale et surtout la crise entre le Bénin et le Niger, notamment la fermeture des frontières entre ces deux nations. Selon elles, le Niger exporte suffisamment de tomates vers le Bénin, mais avec les tensions actuelles, tout devient compliqué.
Face à cette situation, les consommateurs et les commerçants en gros ou en détail appellent à l’ouverture des frontières bénino-nigériennes. « Sinon, nous continuerons à souffrir… » concluent-ils.
Bambo Nestor NOANTI (stagiaire)
