Bassirou Diomaye Faye, le nouveau président du Sénégal, vient de franchir le cap des 100 premiers jours de son mandat après son investiture le 2 avril. Élu avec un soutien populaire massif, il avait promis, aux côtés de son Premier ministre Ousmane Sonko, de tracer une nouvelle voie pour le pays après douze années de gouvernance sous Macky Sall.
Dès ses premiers jours au pouvoir, Faye a pris des mesures marquantes, notamment la réduction des prix des produits de première nécessité comme le pain, l’huile et le sucre. Cette initiative a été chaleureusement accueillie par la population, répondant ainsi à une demande urgente pour une action immédiate sur le coût de la vie, selon Juliette Dubois, correspondante RFI à Dakar.
Faye a également lancé une série d’audits dans des secteurs clés tels que le pétrole, le gaz, et les mines, ainsi que dans les comptes publics des ministères et les constructions littorales. Ces chantiers ont été suspendus depuis mai pour garantir leur conformité. Bien que les résultats de ces audits ne soient pas encore disponibles, ces initiatives démontrent une volonté claire de transparence et de lutte contre la corruption. Dans le domaine de la justice, le gouvernement a organisé des assises qui ont produit une dizaine de recommandations pour une réforme en profondeur du système judiciaire.
Cependant, tout ne s’est pas déroulé comme prévu. Le projet de loi sur la protection des lanceurs d’alerte, attendu pour la mi-mai, n’a pas encore été présenté à l’Assemblée nationale. De même, la création d’une commission pour indemniser les victimes des manifestations de 2021 à 2024 reste en suspens. Par ailleurs, certaines nominations sans appels à candidature ont suscité des critiques, allant à l’encontre des promesses de transparence de Faye.
Sur le plan diplomatique, Bassirou Diomaye Faye a mis l’accent sur l’intégration régionale, rebaptisant le ministère des Affaires étrangères en ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères. Il a réaffirmé son engagement envers la Cédéao et a été désigné facilitateur dans les discussions avec la Confédération des États du Sahel (CES). Le président s’est déjà rendu dans plusieurs pays de la sous-région pour renforcer les relations bilatérales. À l’international, Faye a choisi la France pour son premier déplacement européen, où il a rencontré Emmanuel Macron pour redéfinir les relations franco-sénégalaises.
Les avis des Sénégalais sur ces 100 premiers jours sont partagés. Certains expriment leur satisfaction et observent un engouement croissant chez la jeunesse. D’autres appellent à la patience, soulignant que redresser un pays demande du temps. D’autres restent néanmoins sceptique, estimant qu’il est essentiel de compter sur soi-même plutôt que sur le gouvernement. Autant de divergences d’avis qui témoignent du bilan mitigé de ses 100 premiers jours au pouvoir du Président Faye. Il lui en reste néanmoins beaucoup pour concrétiser ce changement qu’a voulu le peuple en le choisissant.
José Pascaël AGBO (Stg)
