Les Vodun Days, rendez-vous incontournable de la culture béninoise, attirent chaque année des milliers de visiteurs à Ouidah. Entre cérémonies sacrées, danses mystiques et célébrations culturelles, cet événement met en lumière la richesse du patrimoine béninois. Cependant, derrière ce succès éclatant, un défi grandit : la gestion de la circulation routière, qui devient un véritable casse-tête pour les habitants, les touristes et les organisateurs.
Un succès culturel au prix de la mobilité urbaine
Du 9 au 11 janvier 2025, Ouidah a accueilli une affluence record de plus de 43 500 participants, selon l’INStaD. Fidèles, touristes étrangers et membres de la diaspora ont convergé vers cette cité historique, métamorphosée en épicentre de la culture béninoise. Entre cérémonies sacrées, concerts et célébrations sur des sites emblématiques, l’ambiance était à son comble. Avec des sites majeurs au cœur de la ville comme la place Maro, le Temple des Pythons, Le Fort Français ou la Forêt Sacrée et le déroulement des autres grands événement vers la côte au niveau de la Porte du Non-Retour, la mobilité urbaine s’est vite retrouvée au bord de l’asphyxie. Pourtant, les organisateurs avaient anticipé cette affluence massive avec un plan de circulation interdisant l’accès des véhicules aux zones proches des sites majeurs, obligeant les visiteurs à se déplacer à pied.
Si cette mesure visait à désengorger le cœur de la ville, elle a rencontré des résistances. Les habitants de la ville, un peu pris au dépourvu, ont exprimé leur frustration. « Ce plan de circulation énerve. Je regarde ma maison comme ça, on me dit que je ne peux pas entrer dans la ruelle » s’indigne Maxime Tchibozo, résident de Ouidah. Pour Eloi qui est un conducteur de Taxi-moto, « C’est compliqué. Nous aussi nous nous perdons. Qu’en serait-il des étrangers. Nous comprenons la mesure mais on ne nous a pas informé d’avance et les plaques d’indications des routes possibles à prendre ne sont pas disponibles partout ». Si cette la mesure est bien pensée, son application n’a pas totalement été appréciée.
Des routes saturées et des solutions perfectibles
Également Les axes routiers vers la plage, où se déroulaient concerts et spectacles, ont connu une saturation extrême, notamment les 9 et 10 janvier. En dépit du travail très remarquable d’amélioration des voies et les navettes initiées pour l’occasion, la congestion à partir du carrefour d’Allaga, non loin de l’EPP Brésil a été un peu difficile à gérer. Des bouchons interminables ont contraint certains visiteurs à marcher sur plusieurs kilomètres pour atteindre le côté. Le principal problème réside dans l’organisation des axes routiers. Toutes les routes du centre-ville convergent vers le carrefour d’Allaga, formant un unique corridor vers la plage. Cette configuration rend la gestion du trafic particulièrement difficile lors des affluences massives.
Et c’est à ce niveau qu’est le défi pour les prochaines éditions. Le gouvernement devra trouver une solution efficace pour mieux gérer le trafic pour les prochaines éditions. Malgré les efforts, pour les visiteurs étrangers, la gestion de la circulation a été perçue comme l’un des rares points faibles de l’événement. « C’est ma première visite aux Vodun Days, et j’adore l’ambiance. Mais la circulation était un cauchemar. Nous avons raté une partie des cérémonies à cause des bouchons », regrette Pierre, un touriste français.
Un grand défi pour l’avenir des Vodun Days
Malgré ces obstacles, les Vodun Days demeurent un événement phare pour le Bénin, tant pour leur rayonnement culturel que pour leur impact économique. Cependant, la question de la circulation est un point critique qu’il faudra résoudre pour garantir une expérience optimale aux visiteurs et aux habitants et surtout pour que les Vodun Days continuent de briller sans étouffer la ville. Avec une meilleure anticipation et des investissements ciblés, Ouidah pourrait non seulement accueillir des foules toujours plus importantes, mais aussi s’imposer comme un modèle d’organisation pour des événements de cette envergure en Afrique.
Les Vodun Days sont une fierté nationale, mais pour qu’Ouidah puisse les accueillir dans les meilleures conditions, une réflexion sur les infrastructures urbaines est indispensable. Avec une gestion mieux anticipée, cet événement pourrait devenir un modèle d’organisation et renforcer davantage l’image du Bénin sur la scène internationale.
José Pascaël AGBO
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