À Parakou, capitale économique du septentrion béninois, la saison des pluies remet chaque année en lumière un problème persistant : la dégradation des voies secondaires. Pour les habitants, circuler devient un parcours d’obstacles. Nids-de-poule, ruissellements, effondrements de ponts… les scènes se répètent, rythmées par la colère de populations qui, à défaut de solutions, multiplient les appels à l’endroit des autorités locales.
Cette situation, bien qu’ancienne, n’en demeure pas moins préoccupante. Depuis la décentralisation, plusieurs mandatures se sont succédé à la tête de la municipalité sans parvenir à régler durablement le problème de la voirie urbaine. Certes, des efforts ponctuels ont été observés : reprofilage de certaines pistes, lancement d’études techniques, mobilisation de ressources… Mais l’ampleur des besoins dépasse souvent les moyens disponibles ou les marges d’action réelle des collectivités locales.
L’actuelle équipe municipale, conduite par le maire Inoussa Zimé Chabi, fait face à des défis importants. Si des interventions ont été menées, notamment à travers des travaux d’entretien ou d’aménagement partiel, beaucoup de quartiers restent aujourd’hui enclavés. Les cas de Worou Tokorou, Kpérou Guera, Daman ou encore Guèma illustrent bien ces difficultés. Là, des ponts ont cédé sous la pression des eaux ou des voies sont devenues impraticables, isolant certains foyers ou mettant en danger des riverains.
Face aux critiques, la mairie met souvent en avant le démarrage du projet Asphaltage, un programme initié par l’État central. En effet, plusieurs axes structurants sont actuellement en cours de bitumage à Parakou, offrant une lueur d’espoir. Toutefois, ce projet ne couvre pas l’ensemble des routes de la ville. Et c’est précisément là que se pose la question des responsabilités partagées. Les autorités locales sont appelées à prendre le relais là où les initiatives nationales ne vont pas. Car en matière de voirie secondaire, les prérogatives municipales sont claires, même si elles s’exercent parfois dans un contexte de contraintes budgétaires ou techniques.
Autre projet souvent cité : celui de l’assainissement pluvial des villes secondaires. Bien que prometteur, son exécution reste lente, alimentant l’impatience des citoyens.
Dans ce contexte, ce que demandent les populations n’est pas forcément spectaculaire. Elles souhaitent des interventions ciblées, efficaces et durables. Mieux encore, elles attendent un dialogue clair, une communication régulière, des engagements tenus.
La mairie de Parakou, avec l’appui de son secrétaire exécutif Hyacinthe Elegbédé, a encore la possibilité de redresser la courbe. Il s’agira de mieux planifier, de renforcer la coordination entre acteurs, et surtout de placer la satisfaction des besoins quotidiens des citoyens au cœur de l’action municipale.
Car au-delà des critiques et des frustrations, une chose est certaine : les populations veulent croire que leurs voix comptent et que leurs rues ne seront plus des pièges chaque saison.
