Deux ans après le lancement de la réforme structurelle de la décentralisation, le gouvernement béninois convoque un moment de vérité. Ce vendredi 13 juin 2025, autour du Président Patrice Talon, les 77 maires et leurs Secrétaires Exécutifs seront réunis pour un séminaire national d’évaluation de cette réforme majeure.
Conçue pour mettre fin à des décennies de gestion jugée inefficace des communes, la réforme a instauré une gouvernance à deux têtes : les maires désormais concentrés sur l’orientation politique et stratégique, pendant que les Secrétaires Exécutifs assurent l’administration et la gestion financière des collectivités.
Pour le ministre de la Décentralisation, Raphaël Akotegnon, ce changement était inévitable. Avant la réforme, rappelle-t-il, les communes souffraient de « recrutements clientélistes », d’un personnel inadapté, d’une gouvernance budgétaire peu rigoureuse, et d’infrastructures mal ciblées, souvent sans lien avec les besoins réels des populations. À cela s’ajoutaient des pratiques opaques dans la passation des marchés publics et une fiscalité locale « déconnectée des enjeux de développement ».
L’objectif de cette réforme ? Rationaliser la gestion locale, professionnaliser les services municipaux, et renforcer l’impact du développement à la base.
Mais deux ans après, les interrogations demeurent :
La réforme a-t-elle produit les effets escomptés ? Les communes sont-elles plus efficaces ? Les citoyens en ressentent-ils les bénéfices concrets ?
C’est à ces questions que ce grand rendez-vous du 13 juin devra répondre, avec lucidité. Comme le dit un observateur averti :
« Une évaluation efficace ne se limite pas aux chiffres ; elle mesure aussi l’impact réel sur la gouvernance locale, sur la transparence, et sur la qualité de vie des citoyens. »
Les attentes sont grandes, les défis encore nombreux. Reste à savoir si les fruits seront à la hauteur des fleurs promises.
