AMNISTIE POUR MADOUGOU ET AÏVO : Orden Alladatin accuse l’opposition de manœuvre politique

Sur Eden TV ce dimanche 15 juin, le député Orden Alladatin, président de la Commission des Lois, a réagi aux appels renouvelés de l’opposition en faveur d’une loi d’amnistie pour Joël Aïvo, Reckya Madougou et d’autres personnalités. Il dénonce une stratégie de communication et met en cause la qualité juridique de la proposition.

Le débat sur l’éventualité d’une loi d’amnistie au profit des figures de l’opposition Joël Aïvo et Reckya Madougou a été relancé par le parti Les Démocrates, à travers son président de groupe parlementaire, Nourénou Atchadé. Ce dernier a appelé, le 11 juin dernier depuis l’hémicycle, à un réexamen consensuel d’un texte déjà rejeté en janvier 2024. Mais du côté de la mouvance présidentielle, la réponse est ferme.

Invité de l’émission « L’entretien du dimanche » sur Eden TV, Orden Alladatin, président de la Commission des Lois de l’Assemblée nationale, a jugé « inappropriée » la démarche de l’opposition, pointant un manque de concertation. « L’opposition aujourd’hui n’a pas la majorité à l’Assemblée nationale. Alors vous demandez, parce qu’il y a la caméra, au président de l’Assemblée, d’appeler une loi, alors qu’il n’y a aucune discussion préalable, ni avec nos groupes parlementaires, ni avec personne », a-t-il dénoncé.

Selon lui, l’objectif recherché n’est pas l’adoption réelle d’une loi, mais un simple « effet d’annonce » destiné à mettre en accusation la mouvance. « Ce qu’ils veulent simplement, c’est faire croire que ce sont les partis pro-gouvernementaux qui refusent de voter une loi d’amnistie », a martelé le député de l’Union Progressiste le Renouveau. Il accuse l’opposition de « communication » et de « manœuvre » pour « embrouiller l’opinion ».

Sur le fond du dossier, Orden Alladatin rappelle que la proposition avait déjà été étudiée par sa commission en 2024, puis rejetée. Il critique également la faiblesse technique du texte proposé : « Le texte a péché sur le plan technique. Une loi est de portée générale, dans sa structuration et dans sa formulation. Ce texte n’était pas bien fignolé. »

Le député évoque par ailleurs l’option d’une grâce présidentielle, souvent suggérée par certains analystes pour décrisper la situation politique. Mais à ce sujet aussi, la position du pouvoir reste claire : « Le président s’est prononcé. Il dit qu’il n’est pas favorable à ça », a-t-il rappelé.

Face à l’argument des Démocrates selon lequel une amnistie contribuerait à apaiser le climat politique et à permettre au président Patrice Talon de « sortir par la grande porte », la réponse d’Alladatin est sans appel : « C’est le peuple qui va porter le président en triomphe pour ses réalisations. »

Pour rappel, Joël Aïvo et Reckya Madougou ont été condamnés respectivement à 10 et 20 ans de prison pour complot contre la sûreté de l’État et financement du terrorisme. Des accusations qu’ils n’ont cessé de rejeter, et que plusieurs acteurs de l’opposition jugent politiques.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You cannot copy content of this page