Qui précède désormais qui lors des cérémonies officielles en République du Bénin ? La question trouve désormais une réponse claire à travers le décret n° 2026-107 du 11 mars 2026 signé par le président de la République Patrice Talon, qui fixe un nouvel ordre de préséance des personnalités et autorités publiques. Ce texte abroge les dispositions en vigueur depuis 2006 et introduit une hiérarchie protocolaire actualisée, tenant compte des évolutions institutionnelles récentes, notamment l’instauration du Sénat dans l’architecture constitutionnelle nationale.
Pris sur proposition du ministre des Affaires étrangères et adopté en Conseil des ministres, ce décret vient préciser le rang protocolaire des principales institutions de la République, des corps constitués, des autorités administratives, diplomatiques, militaires, ainsi que des autorités traditionnelles et religieuses officiellement reconnues.
Sans surprise, le président de la République en exercice occupe la première place dans l’ordre protocolaire. Il est suivi du président de la République élu mais non encore investi, puis du vice-président en fonction et de son successeur désigné. L’une des principales innovations du texte réside dans le positionnement du président du Sénat au cinquième rang, désormais placé devant le président de l’Assemblée nationale classé au sixième rang. Cette évolution reflète la nouvelle configuration institutionnelle issue des réformes constitutionnelles consacrant l’installation d’un parlement bicaméral au Bénin.
Le décret maintient également la présence des anciens présidents et anciens vice-présidents de la République parmi les hautes autorités de préséance, classés selon l’ordre d’ancienneté de leur prise de fonction, avant les présidents des grandes juridictions et institutions constitutionnelles que sont la Cour constitutionnelle, la Cour suprême, la Cour des comptes et la Haute Cour de justice.
Dans la hiérarchie gouvernementale, les ministres d’État occupent désormais le quinzième rang, précédant les autres membres du gouvernement classés au seizième rang. Figurent également parmi les premières autorités protocolaires le secrétaire général de la présidence de la République, le chef d’état-major général des armées, les ministres conseillers et les directeurs de cabinet.
Les chefs de missions diplomatiques et consulaires accrédités près le Bénin apparaissent au trentième rang, tandis que les anciens ministres sont classés au trente-et-unième rang, avant plusieurs responsables administratifs stratégiques de l’appareil d’État.
Autre évolution notable introduite par ce texte : l’intégration explicite des rois, chefs supérieurs et chefs coutumiers officiellement reconnus dans l’ordre protocolaire national, positionnés au soixante-quatrième rang, suivis immédiatement par les représentants des cultes et dignitaires religieux. Cette reconnaissance protocolaire consacre une place institutionnelle plus visible des autorités traditionnelles dans l’espace public républicain.
Le décret précise également que les rangs de préséance ne se délèguent pas. Une autorité représentant une autre ne bénéficie pas automatiquement du rang de celle-ci, sauf dans le cas particulier d’une représentation directe du président de la République. En revanche, les autorités exerçant une fonction à titre intérimaire ou dans le cadre d’une suppléance légale conservent le rang attaché à la fonction exercée pendant la durée de leur mission.
Ce nouvel ordre de préséance s’applique aux cérémonies officielles présidées par le chef de l’État, tout en restant adaptable selon l’autorité présidant la manifestation. Le texte maintient par ailleurs la préséance des préfets dans leurs départements respectifs et celle des maires dans leurs communes, sous réserve du respect des rangs supérieurs fixés par le décret national.
Avec cette réforme du protocole d’État, l’exécutif entend harmoniser la hiérarchie républicaine avec la nouvelle configuration institutionnelle du pays et clarifier durablement les règles de préséance lors des cérémonies officielles.
A.K.
