La normalisation des relations entre le Bénin et le Niger semble entrer dans une phase décisive. Après plus d’un an de crise entre les deux pays, les choses semblent bouger et du bon côté en ce qui concerne la décrispation de cette tension. Ainsi, même si les frontières terrestres restent fermées entre les deux pays, le Bénin et le Niger commencent par de mettre d’accord sur un certain nombre de points. À cet effet, le pétrole coule du Bénin vers le Niger et les deux pays comptent rétablir leur relation sur le plan diplomatique. C’est ce qui justifie, l’annonce de la nomination d’un nouvel ambassadeur du Niger au Bénin. Une action qui fait suite à l’installation de l’ambassadeur du Bénin au Niger. Mais si toutes ces actions sont menées et semblent prouver la bonne foi des deux pays, pourquoi les frontières restent-elles toujours fermées ? Une situation à laquelle il est difficile de trouver de réponses.
S’achemine-t-on vers un dégel total de la crise entre le Bénin et le Niger ? La question mérite d’être posée au vu de deux faits majeurs. Il s’agit dans un premier temps de l’annonce de la nomination d’un ambassadeur du Niger au Bénin et du chargement d’un quatrième navire de pétrole sur le site du pipeline de Sèmè-Kpodji. En effet, la junte militaire au pouvoir au Niger a entrepris depuis quelques jours des démarches auprès des autorités béninoises en vue de nommer un nouvel ambassadeur du Niger près le Bénin. Cette démarche des autorités nigériennes fait suite à la présentation des copies figurées des lettres de créance de Gildas Agonkan en tant qu’ambassadeur du Bénin au Niger au ministre des affaires étrangères du pays voisin. Le Niger a officiellement demandé au ministre des Affaires étrangères du Bénin l’approbation de son choix, ce qui constitue la demande d’agrément, une procédure diplomatique habituelle. Il s’agit de la première étape pour la désignation d’un ambassadeur. Le candidat proposé par Niamey serait un magistrat de profession. Le Bénin, dans le cadre de ce processus de rétablissement des relations bilatérales, devrait approuver cette candidature.
Le pétrole, l’autre espoir d’un retour à la normale
L’autre aspect qui laisse penser à une décrispation de la crise entre les deux pays est l’accord trouvé pour le chargement du pétrole nigérien sur le site du pipeline de Sèmè-Kpodji. Un chargement qui intervient après un autre survenu en août dernier.Le quatrième navire en question a commencé son chargement de pétrole brut nigérien depuis la station terminale de Sèmè Kraké depuis le mardi 8 octobre 2024. Ce quatrième chargement intervient après l’embarquement du 3e navire chargé de 150 000 tonnes de brut destiné à Singapour.
Quid de la réouverture des frontières ?
Les usagers en provenance du Niger ne parviennent toujours pas à atteindre la capitale béninoise depuis l’entrée en vigueur des sanctions de la Cedeao et la fermeture de la frontière entre les deux pays. Malgré les rapprochements constatés entre les deux pays, les frontières restent toujours fermées. Une situation qui laisse les populations dans une éternelle souffrance du fait de l’absence des échanges commerciaux entre les deux pays. Pourtant, avec les derniers développements aussi bien du côté du Niger que du Bénin, l’on devrait normalement assister à la réouverture des frontières pour définitivement relancer les activités commerciales. Qu’est-ce qui bloque la levée des barrières côté Niger ? Comment expliquer ce regain de la revitalisation des relations diplomatiques au détriment de celles commerciales ? Bien malin, qui pourra répondre à cette question. En-tout-cas jusqu’à une solution définitive, les populations des deux pays restent les seules victimes de cette situation qui a déjà longtemps duré.
Cyrille DOKPEMOU
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