BRAS DE FER ENTRE OROUNLA ET LES SYNDICATS: A contrecœur, le Préfet autorise la marche du 11 mai

Le préfet du littoral Alain Sourou Orounla s’est montré contraint d’autoriser la marche du 11 mai après avoir empêché celles du 27 avril, du 1er et 7 mai 2024. Il a clairement décrit son état d’âme dans la correspondance adressée aux quatre centrales et confédérations syndicales (CSA-BÉNIN, CGTB, UNSTB, COSI-BÉNIN) à travers le dernier paragraphe.

« Tout en déplorant l’omission des règles en vigueur en République du Bénin qui subordonnent toutes occupations du domaine public ou de la voie publique à une requête, [je vous] notifie par la présente [mon] autorisation… » a-t-il fait savoir dans sa correspondance à la ligue du SG Anselme Amoussou. Une contrainte à peine voilée qui laisse déduire à première vue que le Préfet du Littoral face à une volonté affichée des Centrales et Confédérations Syndicales, prêtes à braver toutes interdictions, a dû baisser la garde.

LE JEU DU NIGER

II peut s’agir aussi d’un jeu ou d’une caution geostratégique que le Président Patrice TALON dépose sur l’échiquier international. En effet prenant en compte les nombreuses arrestations qu’il y a eu dans le cadre des différentes marches notamment celle du 1er mai où 21 manifestants ont été, au bout de la procédure, mis sous mandat de dépôt, il peut paraître bien lucide que ce n’est aucunement la boude des Centrales Syndicales ou la peur de les voir dans les rues qui a fait changer d’avis au Préfet Alain Sourou OROUNLA. Car, c’est en dépit de tous ces bruits et menaces des Centrales et Confédérations Syndicales que même la marche pacifique pour les libertés, contre l’arbitraire, la faim et l’insécurité initiée par l’ODHP dans le cadre de la journée nationale de lutte contre la torture le 07 mai a été empêchée. Et peu avant, des détenus du 1er mai testés positifs à la consommation du cannabis, motif de leur emprisonnement. Lors de sa dernière sortie médiatique sur la crise geostratégique qui oppose les deux nations devant leur projet commun, le pipeline, le Président Patrice TALON déclare: « Il est malheureux de constater que cette solidarité que nous exprimons à l’égard de nos frères et sœurs du Niger a quand même créé un certain renchérissement du prix des denrées notamment du maïs du mil, du sorgho et consort. Et nos compatriotes on commencé à cirer un peu, même à manifester. Donc nous payons un cout lourd au plan économique, au plan social et même au plan politique. Il y a eu des marches au Bénin contre le renchérissement du prix des denrées notamment du maïs. » précise le Président de la République. Or il a été bien démontré par les dénonciations des différentes Centrales et Confédérations Syndicales qu’il n’y a jamais eu de marche « autorisée » en dépit du régime déclaratif que brandissent les manifestants.

Alors pour justifier la décision du Bénin face au Niger prétendant qu’il y eu des marches contre la cherté de la vie, l’autorisation de la marche du 11 mai apparaît comme une caution ou un passage obligé sur l’échiquier international. Reste à savoir si le Niger va mordre à l’hameçon.

Aristide KANOUSSOU.

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