42ÈME ÉDITION DE LA JOURNÉE NATIONALE DE L’ARBRE : Le DDEFC Borgou, Emmanuel Gbedji, érige le reboisement en responsabilité citoyenne

  • « À défaut d’un domaine, chaque citoyen peut planter un arbre devant sa maison »

Face aux défis environnementaux grandissants et à la pression de plus en plus forte exercée sur les ressources naturelles, le Directeur départemental des Eaux, Forêts et Chasse du Borgou, le Lieutenant-Colonel Emmanuel Gbedji, appelle les populations à faire du reboisement un véritable devoir citoyen. À l’occasion de la 42ème édition de la Journée nationale de l’Arbre célébrée ce lundi 1er juin 2026, il a plaidé pour une mobilisation générale en faveur de la restauration du couvert végétal et de la préservation des écosystèmes.

Placée sous le thème « Enfant ambassadeur des forêts, engagé pour un Bénin verdoyant », cette édition met particulièrement l’accent sur le rôle des jeunes générations dans la protection de l’environnement. Pour le DDEFC Borgou, la sauvegarde des forêts ne peut être durable sans une implication précoce des enfants appelés à assurer la relève dans les années à venir.

« Nous devons préparer les générations futures à prendre soin des ressources naturelles. Les enfants d’aujourd’hui sont les gestionnaires des forêts de demain », fait comprendre le responsable forestier.

Dans le département du Borgou, la célébration officielle s’est tenue dans la commune de N’Dali où près de 5 000 plants de diverses essences ont été mis en terre sur une superficie de deux hectares. Dans les sept autres communes du département, des opérations similaires sont également conduites avec des objectifs de plantation estimés à environ 2 500 plants par site.

Mais pour Emmanuel Gbedji, le 1er juin ne représente pas une simple cérémonie annuelle de mise en terre de plants. Cette date marque avant tout le démarrage officiel de la Campagne nationale de reboisement qui s’étendra sur trois mois, de juin à août.

« Tous les jours sont désormais des journées de reboisement », résume-t-il en invitant les populations à profiter de cette période favorable pour planter des arbres dans les champs, les fermes, les écoles, les espaces publics et même dans les concessions familiales.

Le DDEFC Borgou insiste particulièrement sur la nécessité de démocratiser davantage le reboisement. Selon lui, chacun peut contribuer à l’effort national, quelle que soit sa situation.

« Si quelqu’un ne dispose pas d’une grande plantation ou d’un domaine agricole, il peut au moins mettre un arbre dans sa maison ou devant son portail. Chaque arbre compte », souligne-t-il.

Au-delà de la plantation, le responsable départemental des Eaux et Forêts attire également l’attention sur la problématique du suivi des plants. Un enjeu souvent soulevé par les populations qui déplorent la disparition de nombreux jeunes arbres après les campagnes de reboisement.

Pour répondre à cette préoccupation, plusieurs mécanismes de surveillance et d’accompagnement sont prévus. Les services forestiers entendent renforcer la sensibilisation des communautés, notamment des éleveurs, afin de protéger les jeunes plants contre les dégâts causés par les animaux en divagation. Les autorités communales seront également associées au suivi des sites reboisés, tandis que les enfants ambassadeurs des forêts seront appelés à jouer un rôle actif dans la protection des espaces restaurés.

Avant toute nouvelle mise en terre, les équipes techniques procèdent d’ailleurs à l’évaluation des anciens sites de reboisement afin d’apprécier le taux de survie des plants et les mesures de conservation mises en œuvre.

Dans cette dynamique, plusieurs rendez-vous sont déjà inscrits au calendrier environnemental du département. Le 10 juin sera consacré aux actions de reboisement des Forces de défense et de sécurité. Le 17 juin, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la désertification, une nouvelle opération de plantation est prévue dans la commune de Sinendé, particulièrement concernée par les phénomènes de dégradation des terres.

Pour Emmanuel Gbedji, la réussite de la campagne repose avant tout sur une prise de conscience collective. Face aux effets du changement climatique, à la désertification progressive et à la disparition des ressources forestières, il estime que chaque citoyen doit désormais se considérer comme un acteur de la protection de l’environnement.

« Planter est important, mais protéger est encore plus important », rappelle-t-il, invitant les populations à assurer l’arrosage, l’entretien et la surveillance des plants afin qu’ils deviennent demain de véritables sources de richesse et d’équilibre écologique.

À travers cet appel, le DDEFC Borgou entend insuffler une nouvelle dynamique où le reboisement ne sera plus perçu comme l’affaire exclusive des forestiers, mais comme une responsabilité partagée par l’ensemble des citoyens. Un engagement qui, selon lui, conditionne en grande partie la qualité de vie des générations futures et l’avenir écologique du Borgou comme du Bénin tout entier.

Patrice BIAOU

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