La toxicomanie est l’un des plus grands maux qui ronge les sociétés modernes, en particulier celles traversant des crises économiques, sociales, politiques ou identitaires. Pour lutter contre ce fléau, la Journée nationale de prévention de la toxicomanie a eu lieu le mardi 15 octobre 2024. Cette journée vise à sensibiliser le grand public aux risques liés à la consommation de substances addictives et à rappeler l’importance de l’écoute et de la communication pour aider les personnes toxicomanes à s’en sortir.
La toxicomanie désigne la dépendance physique et/ou psychologique à une ou plusieurs substances chimiques exogènes, généralement toxiques, sans justification thérapeutique. Selon Gilbert Zinsou Hounwanou, président et co-fondateur de la Fondation SPH contre le cancer, la toxicomanie est un état d’intoxication causé par la prise répétée de substances telles que la drogue, la chicha, le tabac, l’inhalation, la cocaïne et le cannabis, créant une dépendance physique et psychique. L’OMS recommande depuis 1960 l’utilisation du terme « dépendance », jugé plus précis et moins stigmatisant.
Selon le Rapport mondial sur les drogues de l’Office des Nations Unies pour le contrôle des drogues et la prévention du crime (ODCCP) publié le 26 août 2022, environ 180 millions de personnes dans le monde, soit 3 % de la population mondiale, consomment des drogues. Au Bénin, la toxicomanie touche essentiellement les jeunes et les jeunes adultes de 15 à 30 ans, représentant 86 % des toxicomanes hospitalisés dans le service de santé mentale de l’hôpital psychiatrique de Cotonou. Environ 70 % d’entre eux utilisent de la marijuana et des médicaments détournés.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’usage de ces substances toxiques. Notre source mentionne la pauvreté, l’absence d’attachement à des valeurs sociales, des troubles de la personnalité et la fréquentation de personnes faisant usage de drogues ou impliquées dans la délinquance. Selon le président, les consommateurs risquent d’être atteints par plusieurs types de cancer et par l’insuffisance rénale chronique en prenant ces substances toxiques, pouvant aller jusqu’à nécessiter une dialyse. « Ces maladies chroniques tuent sans exception », ajoute-t-il.
Que font les autorités pour réguler la toxicomanie au Bénin ?
Selon Gilbert Zinsou Hounwanou, il y a une loi constituée de plusieurs articles prise contre la toxicomanie depuis 2017 sous la direction du parlement d’Adrien Houngbédji. Pour lutter contre ce fléau, « nous sensibilisons au niveau de notre fondation, beaucoup de personnes, surtout les conducteurs de taxi-moto et les élèves, afin d’atteindre un public plus vaste » précise Gilbert Zinsou Hounwanou, président et co-fondateur de la Fondation SPH contre le cancer. Cependant, il appelle à un renforcement de l’application de la loi 2017-27, qui régit la production, le conditionnement et la vente de tabac et de ses dérivés au Bénin.
Par ailleurs, il est crucial de prendre des mesures concrètes pour protéger la santé des citoyens et réduire ce fléau. La mise en place d’un système informatif pour la jeunesse, la création de centres de prise en charge dotés de moyens adéquats et de la formation du personnel pour ces centres peuvent être des moyens efficaces pour prévenir la toxicomanie chez les adolescents et les jeunes adultes. Encourager une lutte collective pourrait également être très efficace pour contrer ce phénomène.
Bambo Nestor NOANTI.
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