À sept mois des élections générales prévues en janvier 2026, le paysage politique béninois est en pleine effervescence, avec les tournées régionales des partis et les mobilisations gouvernementales. Pourtant, une voix discordante se fait entendre : celle de Philippe Noudjenoume, Premier Secrétaire du Parti Communiste du Bénin (PCB), qui appelle au boycott des scrutins et remet en cause la légitimité du processus électoral.
Dans une longue adresse publiée le 13 juin 2025 dans La Flamme, organe officiel du PCB, Philippe Noudjenoume dénonce une « mascarade électorale » et accuse le système en place de verrouiller la compétition politique, notamment à travers le code électoral adopté en mars 2024 et la dépendance des institutions électorales au pouvoir exécutif. Selon lui, ces conditions ne permettent ni une compétition équitable ni l’expression libre de la souveraineté populaire.
Le Premier Secrétaire du PCB déplore une « politique autocratique » marquée par la répression des opposants, avec des lois liberticides, l’exil ou l’emprisonnement de voix critiques, et une confiscation du pouvoir par des moyens institutionnels. Il critique également les partis de la mouvance présidentielle, ainsi que Les Démocrates, principale formation d’opposition parlementaire, accusée de jouer le rôle de « caution démocratique » au régime en place.
Face à cette impasse, le PCB propose une alternative radicale : l’organisation d’une Constituante ou d’une Nouvelle Conférence nationale souveraine, à l’image de celle de 1990 qui avait ouvert la voie au renouveau démocratique du pays. Philippe Noudjenoume appelle les populations à se mobiliser non pour soutenir un candidat, mais pour exiger cette « assise nationale », seule capable de restaurer la souveraineté populaire, la justice sociale et la paix.
