📍 Portrait d’un lauréat hors pair
📍 Réaction et regard porté sur le futur étudiant
Le Baccalauréat 2025 a révélé un visage prometteur de l’excellence scolaire au Bénin : Ford Kossi Germain Tohouenou. Avec une moyenne impressionnante de 18,66, ce jeune élève de la série C du collège privé Academia à Parakou s’est hissé au sommet du classement national.
Fils d’un enseignant de carrière et d’une mère revendeuse, Ford Kossi Germain incarne l’humilité et la persévérance. Lors d’une visite de notre rédaction à son domicile le samedi 26 juillet, le lauréat s’est exprimé avec émotion sur sa performance.
« Ça a été une surprise vraiment très agréable puisque on ne pouvait pas dire qu’on s’attendait à ça. J’ai vu le relevé de notes depuis lundi et j’ai vu la moyenne, mais je ne pouvais pas savoir vraiment que ça allait arriver, puisqu’il y a eu des années comme celle précédente, ou en 2012, où le premier a eu plus que ça », a confié Germain Tohouenou. Il s’est dit par ailleurs fier de la moyenne obtenue, même s’il estime qu’il aurait pu faire mieux.
Une fierté inattendue pour les parents
Malgré un parcours scolaire toujours remarquable, ses parents ne s’attendaient pas à une telle distinction nationale.
« C’est une très grande joie parce qu’il y avait beaucoup de méritants. Mais imaginer un instant que c’est mon garçon qui serait à la tête de ce groupe-là, je ne le pensais pas »,
a confié son père, Martin Coffi Tohouenou.
Selon lui, son fils a toujours brillé durant sa scolarité. Du lycée Mathieu Bouké, où il a effectué la 6ᵉ jusqu’en Seconde, au CEG de Guèma en classe de Première, il a constamment été premier de sa classe. C’est au collège privé Academia qu’il a bouclé son parcours secondaire, décrochant le premier rang national au Baccalauréat 2025.
Un succès forgé dans la discipline et la complicité familiale
Ce résultat est le fruit d’un travail constant, de sacrifices, mais aussi d’un accompagnement familial singulier. Le père du lauréat témoigne d’une relation éducative fondée sur la complicité.
« J’ai eu la chance de lire dans un document de SVT où on dit « Le nouveau-né n’est pas un adulte en miniature qui n’a besoin que de nourriture et de temps pour grandir. Mais c’est un nouvel être à qui il faut tout apprendre. » Sachant cela, je l’ai pris comme un frère et on discute à tout moment. […] Ce qui fait que quand je lui parle, il sait ce que j’aime et ce que je n’aime pas. Quand je parle, il sait que vraiment, ce que papa a dit, c’est réel, et il prend ça en compte. C’est ça qui a fait peut-être qu’il est là où il est aujourd’hui »,
explique-t-il avec émotion.
Le regard admiratif de ses enseignants
Présent ce jour-là, Abdel Kader Mama, enseignant de mathématiques dans plusieurs établissements de Parakou, n’a pas caché sa fierté d’avoir eu Germain comme élève.
« C’est un génie. Germain, c’est un apprenant terrible. Travailler avec lui a toujours été un plaisir. C’est un honneur pour moi d’avoir contribué à former le premier du Bénin au Bac. »
Des ambitions tournées vers l’avenir
Déterminé et déjà tourné vers le futur, Germain souhaite entamer une carrière dans l’automatisme et la robotique. Il a déjà entamé ses recherches et formule un appel au président de la République pour l’accompagner dans la réalisation de ses rêves.
« Même avant les résultats, j’ai déjà mené mes recherches, et j’ai décidé que je ferai l’automatisme robotique. C’est actuellement une filière porteuse, ça fait partie des trois ingénieurs les plus recherchés au monde. Donc c’est ce qui m’intéresse, moi »,
a-t-il expliqué. Et d’ajouter : « Je souhaite que le Chef de l’État puisse m’accompagner pour que je puisse réaliser mon rêve, pour pouvoir faire un bon parcours universitaire. »
Un appel à l’État pour soutenir l’excellence
Son père abonde dans le même sens et adresse une demande au président Patrice Talon, afin que le jeune prodige puisse bénéficier du soutien nécessaire pour poursuivre son parcours académique.
« Tout d’abord, je voudrais remercier le Chef de l’État pour ce qu’il fait pour le système éducatif béninois. Je demande au Chef de l’État, notre cher Papa national, de bien vouloir aider ce garçon à pouvoir réaliser son rêve, qui est le rêve du Bénin », a plaidé Martin Coffi Tohouenou.
Un esprit brillant à la simplicité désarmante
Né le 28 mai 2008, Ford Kossi Germain Tohouenou n’a que 17 ans. Fait rare à souligner à une époque dominée par le numérique : il ne possède pas encore de téléphone portable personnel.
Serge Kakpochichi
