Une nouvelle ère s’ouvre pour la justice béninoise.
À l’issue de deux années de formation rigoureuse à l’École de formation des professions judiciaires (EFPJ), 80 auditeurs de justice de la troisième promotion ont officiellement intégré le corps des magistrats.
La cérémonie solennelle s’est tenue à Cotonou en présence de hauts magistrats, d’enseignants, de familles et de personnalités du monde judiciaire. Les lauréats ont reçu leurs attributs professionnels : toges d’audience, ordinateurs portables, exemplaires du code d’éthique et de déontologie, ainsi que leurs attestations de fin de formation. Autant d’éléments symboliques qui marquent leur entrée dans une carrière exigeante.
Le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Yvon Détchénou, a profité de l’occasion pour rappeler le sens profond de cette étape décisive. « Ce n’est pas qu’un simple vêtement d’apparat que vous allez recevoir. C’est une responsabilité lourde et un service qui commence », a-t-il déclaré, insistant sur l’engagement, la rigueur, l’impartialité et l’humanité attendus de ces nouveaux serviteurs de l’État.
Pour la directrice générale de l’EFPJ, Bernadette Houndékandji Codjovi, cette promotion constitue un renfort bienvenu pour les juridictions du pays. Si le ratio magistrat-habitant reste encore à affiner, l’impact de ces nouvelles affectations sur la célérité des procédures judiciaires ne fait, selon elle, aucun doute. « Ce nouveau contingent contribuera à atténuer la lenteur de la justice et à redonner confiance aux justiciables », a-t-elle assuré.
Depuis sa création en 2018, l’EFPJ signe ici sa troisième promotion de magistrats, preuve d’une certaine régularité désormais acquise dans la formation des professionnels de la justice. Cette dynamique vient combler une période antérieure marquée par l’irrégularité des recrutements.
La formation des auditeurs a été intense : 26 matières fondamentales, 11 modules professionnels, des stages pratiques dans différentes juridictions, sans oublier la soutenance de mémoires. Ce parcours exigeant forge, selon les responsables de l’école, des magistrats prêts à relever les défis contemporains de la justice béninoise.
La porte-parole des promus, Marie-Claire Hounzali, a exprimé la volonté unanime de ses camarades à exercer leur fonction avec intégrité et engagement. « Nous sommes conscients de la mission qui nous attend et décidés à y répondre avec dévotion », a-t-elle affirmé, pleine d’assurance.
Déployés dès le 16 juillet sur toute l’étendue du territoire, ces nouveaux magistrats prendront service dans les juridictions civiles, pénales, administratives et spéciales. Leur arrivée constitue un souffle nouveau pour une justice béninoise en quête d’efficacité, de proximité et d’équité.
Comme l’a souligné le ministre Détchénou, ces jeunes magistrats incarnent désormais une promesse pour tous les citoyens en quête de vérité, de réparation et de justice. L’avenir du système judiciaire repose, en partie, sur leur capacité à conjuguer compétence, loyauté et humanité au service du droit.
Serge Kakpochichi
