La production cotonnière 2025-2026 progresse à grands pas au Bénin. D’après les données publiées au 30 juin, le pays compte déjà 368 374 hectares mis en culture sur une prévision annuelle de 600 000 hectares, soit un taux de réalisation de 61,4 %. Ce bond témoigne de l’engagement des producteurs et du dynamisme des acteurs de la filière, particulièrement au mois de juin où la cadence s’est nettement accélérée. À titre de comparaison, seulement
40 382 hectares étaient enregistrés fin mai.
Avec ce niveau d’avancement, le Bénin confirme sa place de poids lourd du coton africain, se hissant dans le top 3 des plus grands producteurs du continent. Le Mali conserve son statut de leader avec 71,1 % de ses prévisions déjà atteintes (477 966 ha sur 672 000). La Côte d’Ivoire suit avec 69,1 % (244 369 ha sur 353 500). Juste derrière, le Bénin devance d’autres pays tels que le Burkina Faso (57,4 %), le Cameroun (53,8 %), le Sénégal (47,4 %), le Tchad (38,7 %) et le Togo (37 %).
À travers ses chiffres, l’on constate que la compétition entre Bamako et Cotonou reste vive. Si le Mali garde provisoirement une longueur d’avance, le Bénin démontre une dynamique ascendante et demeure un challenger sérieux. Lors de la précédente campagne, cette rivalité s’était déjà traduite par un duel serré au moment des bilans définitifs.
Pour le Bénin, le coton n’est pas qu’une culture : il représente le poumon de l’économie agricole et la principale source de devises à l’exportation. La performance actuelle rassure donc sur la capacité du pays à maintenir sa compétitivité face à ses voisins.
Le prochain classement des statistiques, attendue fin juillet et conduite par le Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA), sera décisive. Elle permettra de vérifier si le Bénin peut maintenir ce rythme soutenu, atteindre son objectif de 600 000 hectares emblavés et, pourquoi pas, dépasser ses propres ambitions.
Kadidjath MOROU
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