CJP VS JEIP DANS L’AFFAIRE GBADAMASSI-BATOKO : Une jeunesse devenue un instrument de guéguerres politiques plutôt que de développement ?

Dans un contexte où la jeunesse pourrait être le pilier du développement de Parakou, les mésententes entre Rachidi Gbadamassi et Ousmane Batoko la placent au centre d’une bataille politique. Chacun prenant partie, le Collectif des Jeunes de Parakou (CJP) et les Jeunes Engagés pour les Intérêts de Parakou (JEIP) se livrent à un duel d’influence en soutien à ces deux figures politiques. Cette situation qui peut être perçue comme une instrumentalisation ou une dérive de la jeunesse elle-même soulève une question essentielle : la jeunesse de Parakou, est-elle devenue un levier de rivalités politiques, au détriment de son rôle moteur dans le développement ?

Parakou, capitale du septentrion, a toujours été une scène marquée par des enjeux politiques intenses. Mais aujourd’hui la jeunesse, symbole d’enthousiasme et d’avenir, est en première ligne d’une bataille d’influence entre deux personnalités marquantes : Rachidi Gbadamassi, ancien député influent, et Ousmane Batoko, éminent juriste et ancien Président de la Cour Suprême. Les divergences entre ces deux leaders ont récemment poussé deux organisations de jeunes – le CJP et le JEIP – à se déclarer en opposition. Le Collectif des Jeunes de Parakou (CJP), favorable à Gbadamassi, s’oppose aux Jeunes Engagés pour les Intérêts de Parakou (JEIP), qui soutiennent Batoko. À travers leurs interventions et manifestations, ces deux groupes semblent mobilisés plus pour défendre des intérêts individuels que pour promouvoir un programme de développement pour Parakou. La situation crée ainsi une image d’une jeunesse fragmentée et détournée de ses priorités, un phénomène qui suscite des inquiétudes quant aux perspectives de développement de la ville.

Ce glissement de la jeunesse vers des enjeux politisés révèle une crise de leadership, où les aspirations de la jeunesse de Parakou sont déviées au profit d’intérêts de figures politiques. Les jeunes, censés être des moteurs de changement, sont plongés dans une opposition qui semble plus destinée à renforcer l’influence personnelle de leaders politiques qu’à adresser les réels défis de la ville. Cette instrumentalisation de la jeunesse pose de sérieuses questions. Pourquoi ces leaders, ayant atteint une certaine stature politique, choisissent-ils d’orienter les jeunes vers une confrontation plutôt que vers des initiatives de développement ? Une hypothèse pourrait être le manque de perspectives réelles offertes à cette jeunesse, qui, en l’absence de projets porteurs, se rallie aux figures de pouvoir disponibles. Ce phénomène crée un terrain propice à une manipulation des jeunes, à qui l’on promet souvent un avenir brillant, mais sans les ressources concrètes pour y parvenir.

À Parakou, les défis sont nombreux : chômage élevé, infrastructures déficientes, manque d’accès à une éducation de qualité et à des formations professionnelles. Ces problématiques nécessitent une mobilisation de tous les acteurs, en particulier des jeunes, pour apporter des solutions créatives et durables. Cependant, la fragmentation actuelle empêche toute initiative constructive qui pourrait profiter à l’ensemble de la communauté. Pour redonner à la jeunesse son rôle dans le développement de la ville, il serait opportun de créer des plateformes apolitiques de dialogue et de formation, qui puissent non seulement canaliser l’énergie de cette jeunesse mais aussi lui fournir les moyens de construire un avenir. Les autorités locales et les leaders d’opinion devraient aussi encourager les jeunes à adopter une vision plus large, orientée vers le bien commun, au lieu de les confiner dans des luttes partisanes.

La rivalité entre le CJP et le JEIP illustre bien la dérive d’une jeunesse transformée en instrument de rivalité politique. Pourtant, Parakou aurait tout à gagner d’une jeunesse unie et engagée pour le développement. Les leaders politiques, tout comme les jeunes eux-mêmes, doivent se réorienter vers des projets porteurs de sens et d’avenir pour la ville. À défaut, cette génération risque de perdre de vue ses propres aspirations et de sombrer dans un rôle d’exécutant pour des causes qui ne lui profitent pas. Il est temps pour la jeunesse de Parakou de faire entendre sa propre voix, en réaffirmant sa place comme acteur clé de la construction de l’avenir de Parakou.

Jean Pierre ABALLO

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