COURSE HIPPIQUE ET DANSE ÉQUESTRE EN MARGE DE LA GAANI À KOUANDÉ : Aminou Mama Ibrahim fait du cheval un levier de valorisation du patrimoine baatonu

À Kouandé, la Gaani ne se résume pas aux rites et au parcours royal. Elle est aussi devenue, le temps d’une compétition, une véritable fête du cheval. Ce samedi 29 août 2026, une vingtaine de cavaliers venus de Kouandé, Parakou, Pehunco, Kérou, Djougou et de Sokodé au Togo ont pris part à la quatrième édition du concours « Le Cheval de la Gaani », une initiative portée par le jeune leader Aminou Mama Ibrahim pour animer la célébration et mettre en lumière le patrimoine équestre baatonu.

Course de vitesse et danse des chevaux ont constitué les deux grandes attractions de cette édition. Dans une ambiance rythmée par les tam-tams, les acclamations du public et les démonstrations des cavaliers, les chevaux ont rivalisé d’agilité, de vitesse et d’élégance. La compétition a notamment permis de distinguer le cheval le plus rapide ainsi que celui qui s’est le mieux illustré dans la danse et la présentation.

Pour Aminou Mama Ibrahim, l’objectif est précisément de donner à la Gaani une dimension festive plus large. « La Gaani, ce n’est pas simplement le parcours rituel du pouvoir et les prières. C’est aussi la compétition, c’est aussi la fête, c’est aussi égayer la population », explique l’organisateur. L’initiative vise ainsi à occuper et divertir les populations avant le parcours rituel, tout en créant un espace de valorisation des traditions équestres intimement liées à l’histoire et au pouvoir royal chez les Baatonu.

L’originalité de l’initiative réside également dans son ouverture. En accueillant des cavaliers de plusieurs communes du Nord du Bénin et du Togo, « Le Cheval de la Gaani » dépasse progressivement le cadre local pour devenir un rendez-vous de confrontation et de partage autour de la culture équestre. Les éditions précédentes avaient déjà vu des chevaux venus notamment de Djougou et de Parakou s’imposer dans la compétition. Cette année, c’est un cavalier venu de Sokodé, au Togo, qui a remporté la course et décroché le trophée baptisé « le cheval de la Gaani ».

Le vainqueur de la course est ainsi reparti avec le cheval mis en jeu comme trophée de cette quatrième édition. Les deuxième et troisième ont reçu respectivement 30 000 et 20 000 francs CFA. Dans l’épreuve de danse des chevaux, le premier prix a été récompensé par une télévision LED de 32 pouces, tandis que les deuxième et troisième ont reçu respectivement 30 000 et 20 000 francs CFA. Un lot de consolation de 10 000 francs CFA a également été attribué au quatrième.

Au-delà des récompenses, c’est donc une tradition qui se donne à voir et à vivre que cette initiative entend préserver. La course et la danse du cheval constituent en effet des expressions équestres fortement associées à l’identité et à l’histoire du monde baatonu. En les plaçant au cœur d’une compétition populaire, Aminou Mama Ibrahim entend contribuer à leur transmission tout en offrant aux populations un moment de divertissement autour d’un patrimoine culturel qui leur est propre.

L’organisateur insiste cependant sur le caractère collectif de l’initiative. « Moi, je suis juste l’organisateur. C’est les gens qui nous permettent de l’organiser », souligne-t-il, tout en exprimant sa reconnaissance aux personnes qui accompagnent la compétition. Il cite notamment le Sarigui Yagui, chef de guerre de la cour royale, pour son soutien et sa contribution à l’obtention du cheval remis au vainqueur.

Aminou Mama Ibrahim souhaite également voir davantage de cavaliers de Kouandé s’illustrer dans les prochaines éditions. Après les victoires enregistrées par des chevaux venus d’autres localités, notamment Djougou, Parakou et cette année Sokodé, il lance un appel aux populations de Kouandé à se préparer davantage à la compétition. « Nous aimons vraiment les chevaux, nous les adorons. Il faut accepter les résultats et se mettre au travail. Nous allons remporter la victoire un jour », plaide-t-il, avec l’espoir de voir l’année prochaine un cheval de Kouandé décrocher le trophée.

Cette quatrième édition aura ainsi réussi à réunir compétition, spectacle et patrimoine dans un même espace. Des cavaliers venus de plusieurs horizons, un public mobilisé et des récompenses destinées à encourager la performance : « Le Cheval de la Gaani » s’installe progressivement comme l’une des animations qui donnent une dimension particulière à la célébration de la Gaani à Kouandé.

Patrice BIAOU

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