CRISE BÉNIN-NIGER : L’analyse de Loukoumane Worou Tchéhou sur BBC Afrique

Loukoumane Worou Tchéhou, journaliste et rédacteur en chef de Sota FM à Malanville, a participé au débat de BBC Afrique le samedi 25 mai dernier. Trois sujets étaient à l’ordre du jour, dont la crise diplomatique entre le Bénin et le Niger.

Invité à se prononcer sur la question, Loukoumane Worou Tchéhou a livré son analyse de la situation. Après avoir rappelé le contexte de cette discorde entre les deux pays voisins depuis l’arrivée au pouvoir des militaires par le coup d’État qui a renversé le président Mohamed Bazoum, le rédacteur en chef de Sota FM a décrit la situation actuelle à la frontière bénino-nigérienne, suite à la mesure d’interdiction des échanges entre les deux pays à travers le fleuve Niger prise par Cotonou.

En effet, malgré la levée du blocus du côté béninois, les autorités béninoises ont décidé depuis le mercredi 22 mai d’interdire la traversée du fleuve Niger, la seule alternative pour les voyageurs pour rejoindre le Niger et vice versa, en raison du maintien de la fermeture des frontières bénino-nigériennes du côté nigérien pour des raisons de sécurité. Selon Loukoumane Worou Tchéhou, cette décision démontre la volonté des autorités béninoises de normaliser les relations avec le pays voisin du Nord. Les trafics à travers le fleuve Niger étant considérés comme illégaux selon les arguments avancés par Cotonou, la voie terrestre devient donc la seule voie d’échange officielle pour Cotonou, laissant aux autorités nigériennes la responsabilité de lever les barrières, estime le rédacteur en chef de Sota FM.

En outre, Loukoumane Worou Tchéhou a souligné la bonne foi des autorités béninoises à rétablir les relations avec le pays voisin, en prévoyant la réouverture des frontières dès que possible après la levée des sanctions imposées par la CEDEAO contre le Niger suite au coup d’État du 27 juillet 2023. Cependant, le Niger est resté campé sur sa position en maintenant les frontières fermées. Pour Loukoumane Worou Tchéhou, la décision des autorités béninoises de fermer le trafic fluvial est également une conséquence de la décision de Cotonou d’interdire l’exportation du pétrole nigérien jusqu’à la réouverture des frontières.Selon les explications du rédacteur en chef de Sota FM, cette décision impacte malheureusement la communauté sous-régionale, avec de nombreux voyageurs de diverses nationalités actuellement bloqués à Malanville. Environ deux mille voyageurs ont été dénombrés dans les parcs, en attente et souffrant de la chaleur avec une température de 45°C à Malanville, a fait savoir Loukoumane Worou Tchéhou.

Face à cette situation préjudiciable non seulement à l’économie des deux pays mais aussi aux populations fortement intégrées, Loukoumane Worou Tchéhou invite les autorités nigériennes à reconsidérer leur position. « Il revient peut-être aux autorités nigériennes de revoir leur posture et d’assouplir leur position, en levant cette unique barrière parce-que certains estiment que pour des questions de sécuritaires, on peut contrôler aussi le pont sans pour autant fermer le passage aux usagers », a-t-il conclu.

Anselme ORICHA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You cannot copy content of this page