DÉLOCALISATION DU MARCHÉ DANTOKPA: Claude Djankaki s’indigne et met en garde contre le Karma

La délocalisation du marché international de Dantokpa a soulevé d’énormes réactions au sein du public béninois. Même si des voix se sont levées pour acquiescer la décision, une majeure partie des béninois s’est révoltée et a interpellé la conscience des décideurs. Claude Cossi Djankaki, ex Directeur Général (Dg) de la Société de Gestion des Marchés Autonomes (Sogema) a levé le ton et a invité à une prise de conscience.

À travers un poste facebook en date de ce 2 juillet 2024, l’ex-président du conseil d’administration de la Sogema, ancien Dg de la même société a abordé la question de la délocalisation du marché Dantopka. Avec un sentiment de colère, il a apporté son avis technique sur la question et s’est surtout appesanti sur l’aspect historique du marché. D’abord, il a rappelé aux décideurs qu’ils devraient consulter les autres couches de la société avant de vouloir déplacer coûte que coûte le marché de son site naturel. Selon les analyses de l’ex-directeur, Dantokpa participe au développement des autres communes du Bénin de par son statut de ville-marché. Le simple fait qu’il crée déjà une liaison entre les deux communes lacustres du Bénin: Sô-ava, les Aguégués et la vallée de l’Ouémé toute entière est déjà une raison qui justifie son bon positionnement géographique.

De même, il voit Dantokpa comme un site touristique qui devrait faire la fierté du Bénin maintenant et durant les générations à venir. Évoquant le cas de la place hatchiko à Tokyo au Japon, le vieux port au Québec Canada, les marchés centenaires de la porte d’Italie, de la porte Clignancourt à Paris qui font objets de visite touristique dans les autres pays, il exige une prise de conscience devant l’histoire. Pour lui, l’on ne devrait pas chercher à adapter à des fins modernes, les beautés pittoresques des vieilles villes. À cet effet, la ville moderne devrait être juxtaposée à l’ancienne. Puisque le passé ne se transforme pas et ne se déplace surtout pas mais fait plutôt objet de respect.

Pour lui, il faudrait passer par des études techniques rigoureuses dont celles des aspects historiques, spirituels, sociologiques, géographiques, économiques avant de vouloir poser de tel acte. Il touche de doigt l’exemple des produits provenant du Nigeria, commercialisés dans le marché. Ces produits rejoignent le marché par les réseaux routiers et fluviaux. Demander à ces commerçants exportateurs de rejoindre le nouveau marché de Calavi serait donc une manière de les contraindre à de grandes peines.

«L’on ne transforme pas ce qui est naturel et spirituel par décret. Le marché Dantokpa a aussi une charge émotionnelle», a évoqué Claude Djankaki. Pour finir, il a mis en garde contre le Karma, qui porte toujours ces effets impitoyables sur les auteurs des mauvais actes.

Germain ALOZE (Stagiaire)

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