Le Burkina Faso a pris la décision ferme, ce lundi 17 août, d’expulser la Coordonnatrice Résidente du Système des Nations Unies, Mme Carol Flore-Smereczniak, et de la déclarer persona non grata. Cette mesure radicale fait suite à la publication d’un rapport du Secrétaire général de l’ONU sur la situation des enfants dans le conflit armé, un document que les autorités qualifient de profondément partial et infondé.
Par la voix de son porte-parole, le ministre de la Communication, M. Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, le gouvernement a exprimé son indignation dans un communiqué cinglant. Il y dénonce le « total mépris » dont auraient fait preuve les rédacteurs du rapport envers les institutions burkinabè. Selon lui, le document a été élaboré par une équipe spéciale coprésidée par Mme Flore-Smereczniak, sans que les autorités nationales ne soient consultées ou même informées de ses conclusions.
Le ton et le contenu du rapport sont vivement contestés. Le gouvernement fustige un « style narratif » qui mettrait sur le même plan les groupes terroristes et les forces de défense et de sécurité burkinabè, présentées comme « les vaillants combattants » de la nation. Il déplore que ces accusations graves, qualifiées de « contre-vérités » et d’« affirmations sans fondements », ne soient étayées par aucune preuve tangible : ni rapports d’enquête, ni décisions de justice en annexe.
La responsabilité personnelle de la Coordonnatrice Résidente est directement pointée du doigt. Ouagadougou lui reproche d’avoir coprésidé la production d’un document « compliant des données sans sources objectives », contribuant ainsi à véhiculer des « informations graves et mensongères ». En conséquence, le gouvernement estime que Mme Flore-Smereczniak « n’est plus une interlocutrice crédible ».
Cette expulsion, bien que sévère, s’accompagne d’un réaffirmation de l’attachement du Burkina Faso aux idéaux des Nations Unies. Les autorités se disent pleinement disponibles pour poursuivre la coopération avec l’organisation, mais exigent que celle-ci se fasse dans le respect mutuel et par l’intermédiaire de représentants « résolument engagés dans un accompagnement vrai et sincère ».
Cette crise diplomatique inédite soulève de sérieuses questions sur les méthodes de travail de l’ONU sur le terrain et illustre la sensibilité croissante des États souverains face à ce qu’ils perçoivent comme des ingérences, dans un contexte sécuritaire extrêmement tendu.
Kadidjath MOROU
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