La scène politique béninoise a vibré, ce lundi 26 mai 2025, au rythme d’une visite aussi symbolique que stratégique : celle du président de l’Union progressiste le Renouveau (UP-R), Joseph Djogbénou, au domicile de Me Adrien Houngbédji à Porto-Novo. Une rencontre qui, au-delà du protocole, porte en elle les signes d’une alerte interne et d’un besoin impérieux de colmater les fissures d’un parti en quête d’unité.
En toile de fond, les récentes sorties de Me Adrien Houngbédji, figure tutélaire du Parti du renouveau démocratique (PRD), ont laissé transparaître une certaine amertume. Depuis la fusion de son parti avec l’Union progressiste en août 2022, ses partisans peinent à trouver leur place dans les rouages décisionnels du nouvel ensemble. Une grogne feutrée, mais persistante, relayée en sourdine dans plusieurs fiefs politiques du Sud-Est.
En réponse, Djogbénou s’est voulu rassurant. À en croire des sources proches de la rencontre, il aurait réitéré son engagement à faire de l’UP-R un parti de rassemblement, où toutes les sensibilités trouveraient leur ancrage. Houngbédji, en homme d’expérience, aurait pris acte tout en rappelant la nécessité de traduire cette volonté d’inclusion dans les faits, au-delà des intentions.
Mais au-delà des mots échangés, cette démarche traduit une urgence politique. À l’approche des prochaines joutes électorales, l’Union progressiste le Renouveau ne peut se permettre une guerre des chapelles. Le parti, déjà confronté à des critiques internes sur sa gestion centralisée et les équilibres régionaux, sait qu’il joue gros. La cohésion ne relève plus d’un luxe stratégique, mais d’une condition de survie.
Cette rencontre pourrait donc marquer un tournant. Elle pose les bases d’un dialogue réparateur, d’une relance politique réfléchie, et d’un recentrage autour d’une ambition commune. Encore faut-il que les promesses faites dans les salons feutrés de Porto-Novo se traduisent dans les instances du parti, les investitures à venir et les discours publics.
Dans un contexte national où chaque mouvement politique affûte ses armes pour les échéances de 2026, l’UP-R n’a plus le droit à l’erreur. Recoller les morceaux, oui. Mais vite, et surtout bien.
