L’économie verte inclusive offre à l’Afrique une possibilité crédible de parvenir au développement durable. Elle permet d’envisager sous un autre angle la solution des problèmes de développement particuliers à la région, notamment la persistance de la pauvreté et du chômage, la détérioration de l’environnement, la vulnérabilité au changement climatique et l’accroissement rapide de la population. L’intérêt de l’économie verte pour le continent africain se révèle de plus en plus. Lors du 10e sommet mondial de l’économie verte, l’Afrique a été invitée à saisir l’opportunité qu’elle offre.
Si l’économie verte peut favoriser la croissance en Afrique, c’est grâce à l’énorme patrimoine de ressources naturelles qui forme pour la plupart des pays la base de la croissance économique. Mais ce n’est pas une raison pour faire des incertitudes et des risques pour la croissance économique future dont s’accompagne inévitablement le remplacement du modèle économique classique par l’économie verte. La transition est donc à concevoir comme un changement global social, économique, politique et socioculturel dont le bon déroulement exige un soutien politique et social, à cause d’incertitudes et de craintes concernant la répartition équitable des coûts et avantages dont elle peut s’accompagner. Ces considérations doivent donc s’intégrer dans les plans de développement à long terme qui ont des conséquences fondamentales sur la poursuite du développement durable. Au 10e sommet de l’économie verte à Dubaï, le continent africain est appelée à saisir les opportunités qu’offre l’économie verte. Le but de ces assises est de renforcer la coopération internationale et de favoriser l’atteinte des objectifs environnementaux et économiques, tout en construisant un avenir durable et inclusif.
À ce rendez-vous des experts mondiaux, des représentants gouvernementaux, des organisations internationales, des universitaires et des médias, le directeur du département de l’environnement et de la finance de la Banque ouest-africaine de développement (Boad), Moukaila Moubarak, a exhorté le continent africain à saisir l’opportunité de la transition vers une économie verte. Le spécialiste en finance-climat estime que cette transition est une opportunité à ne pas manquer, car elle pourrait améliorer la qualité de vie des populations, tout en favorisant une croissance économique durable. « Il convient d’innover avec l’introduction de nouveaux instruments financiers capables de soutenir des projets verts sur le continent, pour mobiliser les financements climatiques au profit de l’Afrique », a-t-il suggéré. Ainsi, l’Afrique pourra prendre le virage vers un développement plus vert et plus inclusif, avec le soutien des institutions financières de développement.
Moukaila Moubarak soutient que les avantages de la transition vers une économie verte sont nombreux et évoque à titre d’exemple, la création d’emplois, de nouvelles opportunités commerciales, l’amélioration de la santé publique et le renforcement de la sécurité énergétique. L’Afrique ne mobilise actuellement que 6 % des financements climatiques mondiaux. Ce qui représente une faible capacité de mobilisation.
Cyrille DOKPEMOU
