ÉLECTIONS GÉNÉRALES 2026 : Le député Raouf Sariki récuse toute idée de mutisme chez Les Démocrates

Le Bénin s’apprête à vivre un tournant majeur de son histoire démocratique. Pour la première fois, les électeurs seront appelés à voter en 2026 pour trois scrutins majeurs : les communales et les législatives en janvier, puis la présidentielle en avril. Dans cette dynamique, alors que les états-majors politiques s’activent, un silence relatif plane autour du principal parti de l’opposition : Les Démocrates (LD). Un calme stratégique, selon le député Raouf Sariki, élu de la huitième circonscription.

À six mois du premier scrutin, certains observateurs pointent le manque de signaux visibles du côté des LD. Peu de meetings, pas d’annonces de candidatures, encore moins de débats publics structurés. Un constat que le député Raouf Sariki préfère nuancer : « Plutôt que de parler d’un supposé mutisme de la part du parti LD, nous pensons qu’il faille parler d’un changement de stratégie. Un changement de stratégie bien réfléchi dans notre nouvelle approche de terrain », a-t-il déclaré sur Fraternité FM.

Pour l’élu, cette posture s’explique par les entraves répétées auxquelles fait face le parti sur le terrain : autorisations refusées, meetings interdits, actions dispersées. « Aujourd’hui, il nous est quasi impossible de mener nos activités dans les conditions normales. Mais ne dit-on pas que lorsque le son du tam-tam change, un bon danseur doit changer de cadence ? », a-t-il illustré, soulignant l’adaptabilité dont son parti tente de faire preuve.

Derrière ce calme apparent, les LD s’organisent. Le processus de désignation des candidats aux communales est déjà engagé, assure Raouf Sariki. « Nous viendrons à une deuxième étape très bientôt pour ce qui est du choix des candidats aux élections législatives et, enfin, notre porte-étendard pour le ticket présidentiel. »

Cette phase préparatoire est d’autant plus cruciale que les attentes autour du parti sont élevées. Héritiers politiques de l’ancien président Boni Yayi, Les Démocrates restent, malgré les vents contraires, la première force d’opposition. Mais face à une mouvance présidentielle qui a déjà enclenché ses manœuvres électorales, ils devront bientôt sortir de la retenue stratégique pour faire entendre leur voix.

Pour Raouf Sariki, le cap est clair : convaincre par le fond, rester cohérents, mobiliser dans la durée. « Ce n’est pas parce que nous ne faisons pas de bruit que nous ne travaillons pas », insiste-t-il. Reste que dans un environnement politique où la visibilité reste un atout majeur, la discrétion du moment devra rapidement céder la place à des actions de terrain, pour espérer peser dans les urnes.

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