
À mesure que se profilent les élections générales de 2026, un vent d’interrogation parcourt l’opinion : le moment est-il enfin venu de confier à la jeunesse les rênes du pouvoir politique ? La question, longtemps reléguée à des débats de salons, s’impose désormais comme une nécessité stratégique.
Depuis plus de trois décennies, les grandes orientations politiques du Bénin ont été définies par des figures d’une même génération, dont le parcours se confond avec l’histoire de la démocratie béninoise. Mais cette stabilité apparente cache une réalité moins reluisante : l’ascenseur politique semble bloqué aux étages supérieurs, et les jeunes, pourtant ultra-majoritaires dans la population, peinent à gravir les marches du pouvoir.
La génération montante ne veut plus jouer les figurants. Elle veut siéger dans les hémicycles, gérer les communes, proposer des lois, impulser des réformes. Dans toutes les régions du pays, des profils nouveaux émergent : jeunes entrepreneurs, universitaires, fonctionnaires, activistes, femmes leaders… Tous animés par une volonté commune de rupture et de renouvellement.
Mais le système, lui, n’a pas beaucoup changé. Les conditions d’accès au parrainage, les mécanismes de financement des campagnes, les dynamiques internes des partis politiques et les cultures d’alignement entravent encore les ambitions de cette jeunesse. Difficile de faire bouger les lignes quand les verrous sont si solidement gardés.
Et pourtant, les jeunes n’ont jamais été aussi prêts. Dotés d’une meilleure formation, d’une conscience politique plus aiguë et d’un ancrage technologique profond, ils incarnent une nouvelle manière de penser la gouvernance : plus transparente, plus participative, plus orientée vers les résultats.
Confier les clés à la jeunesse ne signifie pas rejeter l’expérience des aînés. C’est bâtir une passerelle entre le passé et l’avenir. C’est accepter que l’on peut servir autrement, dans un monde en mutation rapide. C’est surtout faire le pari du courage, de la créativité et de l’énergie.
Les élections de 2026 seront-elles le moment du basculement générationnel ? Le peuple béninois tranchera. Mais une chose est certaine : l’avenir ne s’écrira pas sans les jeunes. Et peut-être même qu’il doit s’écrire avec eux, par eux, et pour eux.
