Figure politique expérimentée, ancien président de l’UDD-Wologuèdè, maire et député honoraire, actuel coordinateur du Conseil économique et social du Zou, Zéphirin Kindjanhoundé s’exprime sans détour sur la désignation de Romuald Wadagni comme candidat de la mouvance présidentielle pour 2026. Dans cet entretien exclusif, il revient sur les raisons de ce choix, la discipline au sein de la mouvance et les critiques de l’opposition.
Selon lui, le choix du ministre d’État s’imposait de lui-même : « Ce qui a milité en faveur de Wadagni, c’est qu’il incarne la compétence et l’expérience. Grâce à lui, nous avons relevé de grands défis reconnus au plan national comme international. À bon vin, point d’enseigne », confie-t-il, saluant « le doigté du président Patrice Talon qui a su manager tout cela ». Kindjanhoundé insiste sur la discipline de la mouvance : « Les partis comme l’UP-R et le BR se sont rangés derrière ce choix parce que Wadagni est un économiste hors pair. Depuis 2016, le Bénin n’a pas reculé. Même nos frères d’en face le reconnaissent, tout en peinant à désigner leur propre duo. »
Sur les appels de l’opposition à la démission de Wadagni de son poste de ministre, il tranche : « Ni le code électoral ni la Constitution ne prévoient une telle disposition. En 2016, leur candidat Lionel Zinsou n’avait pas démissionné. C’est donc un non-événement. Je les mets plutôt au défi de trouver un candidat à la hauteur du ministre d’État Wadagni. »
Revenant sur le long suspense qui a précédé la désignation du candidat de la mouvance, il rappelle que plusieurs noms circulaient, dont ceux de Joseph Djogbénou et Luc Atrokpo. Mais pour lui, « le président Patrice Talon a imprimé une discipline jamais égalée dans sa mouvance. Il en a fait une véritable religion. Ceux qui ont tu leurs ambitions individuelles l’ont fait par loyauté et par discipline. »
Quant aux félicitations adressées par Léon Basile Ahossi à Romuald Wadagni, Kindjanhoundé y voit « un geste noble » : « Le colonel-député Ahossi incarne la sagesse. Reconnaître la valeur de son adversaire, c’est aussi ça la démocratie. Je salue sa démarche. »
Enfin, l’ancien député dénonce avec virulence le retrait groupé des fiches de parrainage par les députés du LD : « C’est de la bassesse politique, de l’enfantillage. On ne conduit pas des députés dans un bus comme des moutons de panurge. La politique est une science et une conviction. Les traiter ainsi, c’est les humilier, c’est une injure à leur intelligence. »
BKP
