Les députés se réunissent ce jeudi pour examiner et adopter le projet de loi de finance, gestion 2025. Une étape clé dans un contexte politique tendu, où la majorité présidentielle et l’opposition affûtent leurs positions en vue des échéances de 2026. Si l’issue du vote semble acquise, des questions subsistent quant à l’attitude des élus du parti Les Démocrates.
La plénière de ce jeudi s’annonce cruciale pour les finances publiques béninoises. Les députés, après plusieurs semaines de travail intense au sein de la commission budgétaire, doivent statuer sur le projet de loi de finance pour l’année 2025. Ce rendez-vous législatif intervient à la suite d’une série de consultations où ministres et présidents d’institutions ont défendu les budgets sectoriels et présenté leurs ambitions pour l’année à venir.
Le projet de loi de finance 2025 est marqué par des tractations politiques fébriles. Tandis que la majorité parlementaire, alignée sur le président Patrice Talon, affiche une assurance presque mécanique quant à l’adoption du budget, le parti d’opposition Les Démocrates, lui, se trouve face à un dilemme stratégique. Avec l’échéance électorale de 2026 en ligne de mire, l’opposition doit jongler entre critique et pragmatisme, cherchant à maintenir sa crédibilité auprès de l’électorat tout en gardant une influence sur le débat parlementaire.
Une opposition divisée, une majorité en position de force
L’année dernière, lors du vote du budget 2024, 27 des députés Les Démocrates s’étaient opposés au texte, une position claire, mais non unanime. En effet, Basile Ahossi, membre influent du parti, avait voté en faveur du projet tout en présidant la séance. Interrogé à l’époque sur Radio Lokossa, il avait expliqué que sa décision avait été prise en toute transparence avec ses pairs, insistant sur l’importance de ne pas voir son geste comme une trahison. Cette année, le scénario pourrait se répéter, mais l’enjeu est plus grand. Les discussions internes au sein de l’opposition, notamment sur la posture à adopter, semblent indiquer une hésitation stratégique. Entre le rejet catégorique du texte, qui consoliderait leur image d’opposants farouches, et une approbation partielle, qui pourrait être interprétée comme une volonté d’ouverture, la marge de manœuvre est étroite.
La séance d’aujourd’hui s’appuie sur les travaux préparatoires de la commission budgétaire, qui a validé, lundi dernier, les rapports spéciaux des ministères et des institutions. Ces documents, fruit d’un examen minutieux des budgets sectoriels, incluent des observations et recommandations des députés. Ces ajustements visent à renforcer la gestion des crédits et l’impact des projets inscrits dans le budget 2025. Malgré ces efforts collaboratifs, la question demeure : l’opposition participera-t-elle au consensus ou maintiendra-t-elle son rôle de contre-pouvoir intransigeant ?
Une équation politique à deux inconnues
Si la majorité peut compter sur un soutien sans faille pour l’adoption du budget, l’attitude des députés Les Démocrates reste un mystère. Leur choix aura des répercussions au-delà de cette plénière, notamment sur leur positionnement en vue des élections de 2026. En soutenant le budget, même avec des réserves, ils risquent de perdre en crédibilité auprès de leurs bases. En le rejetant, ils renforcent leur posture d’opposants, mais risquent de s’isoler davantage dans le jeu parlementaire.
Au-delà des chiffres et des rapports, cette plénière incarne un véritable test pour le paysage politique béninois. L’attitude de chaque camp, et particulièrement celle de l’opposition, sera scrutée. Le vote de ce budget pourrait non seulement marquer l’année 2025, mais aussi jeter les bases des alliances et stratégies pour les élections à venir.
Quelle direction prendra l’opposition ? Une réponse que seule la plénière de ce jour pourra révéler.
Jean Pierre ABALLO
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