À l’approche des fêtes, les vitrines s’illuminent, les panneaux s’affichent et les slogans tapageurs se multiplient : « Liquidation totale », « Jusqu’à -70 % », « Dernière démarque ». Décembre est devenu un mois où la pression commerciale atteint son sommet, poussant les consommateurs à croire qu’ils réalisent de bonnes affaires. Pourtant, derrière les rideaux brillants des promotions, se cachent parfois des pratiques douteuses dont les conséquences peuvent être lourdes.
Dans plusieurs villes du pays, des produits frelatés, périmés ou refaçonnés font discrètement surface sur les étalages. Certains commerçants profitent du brouhaha des fêtes pour écouler des stocks invendables, des marchandises altérées par le temps ou entreposées dans de mauvaises conditions. D’autres n’hésitent pas à maquiller des dates de péremption, à reconditionner des articles abîmés ou à proposer des réductions artificielles sur des produits déjà dangereux pour la consommation. Les contrôles existent, mais ils ne suffisent pas toujours face à la créativité de réseaux spécialisés dans la contrefaçon et la tromperie.
Le phénomène, bien que rarement documenté publiquement, reste un secret de rue pour les habitués des marchés : ces « bonnes affaires » peuvent devenir un risque sanitaire ou économique pour des familles qui, dans l’euphorie de fin d’année, négligent certaines vérifications essentielles. L’achat compulsif, encouragé par la pression festive, ouvre la porte à toutes sortes de manipulations. Certains consommateurs découvrent ainsi trop tard que leurs parfums achetés « en promotion » ne tiennent pas une heure, que des boissons ont un goût altéré, ou que des gadgets électroniques soi-disant neufs cessent de fonctionner après quelques jours.
Dans un contexte économique déjà fragile, chaque franc compte. Et tomber dans ces pièges de décembre peut peser lourdement sur le budget familial. La responsabilité citoyenne devient donc essentielle : vérifier les dates, examiner les emballages, privilégier les points de vente fiables, exiger les reçus, prendre le temps de questionner les vendeurs. Acheter moins, mais acheter sûr.
Les fêtes sont un moment de joie, de partage et de communion. Elles ne devraient pas devenir une saison d’arnaques déguisées. La vigilance n’est pas un luxe, c’est une nécessité. En cette période où les rues scintillent et où les envies se mêlent aux besoins, la prudence reste la meilleure garantie pour que la célébration ne se transforme pas, plus tard, en regret amer.
Patrice BIAOU
