FOOTBALL AU CAMEROUN : Le sélectionneur Marc Brys claque la porte des Lions Indomptables

Le Cameroun est de nouveau sans sélectionneur national. En poste depuis avril 2024, l’entraîneur belge Marc Brys a officiellement remis sa démission le lundi 21 juillet 2025, adressant une lettre formelle au ministre des Sports et de l’Éducation physique, le Professeur Narcisse Mouelle Kombi. En cause : le non-paiement de ses émoluments et ceux de son staff depuis plus de deux mois.

Dans cette correspondance dont une copie a également été transmise à la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), Marc Brys invoque l’article VII, alinéa 4 du contrat d’engagement n° D32/MINSEP/CAB du 8 avril 2024, qui l’autorise à résilier unilatéralement l’accord en cas de manquement grave, notamment sur le plan financier.

« Cette situation constitue un manquement contractuel grave de la part de l’Administration, expressément reconnu comme motif légitime de rupture dans les termes dudit contrat », souligne-t-il, ajoutant qu’aucun salaire ne lui a été versé depuis le début de l’exécution de ses fonctions.

Le technicien belge réclame désormais le paiement immédiat de la valeur résiduelle de son contrat à titre de compensation. Il menace également de recourir à une procédure devant les juridictions compétentes, dont le Tribunal arbitral du sport (Tas), si le litige n’est pas résolu dans les meilleurs délais.

Réaction immédiate de la Fecafoot

La réponse de la Fédération camerounaise de football n’a pas tardé. Dans un communiqué publié ce mercredi 23 juillet, la Fecafoot, dirigée par Samuel Eto’o, prend acte de la démission de Marc Brys, qualifiant cette rupture de « unilatérale ». Elle annonce avoir saisi « les autorités publiques compétentes pour l’élaboration et la mise en œuvre en urgence d’une réponse coordonnée » afin de limiter l’impact de cette vacance à la tête de l’encadrement technique des Lions Indomptables.

Un mandat écourté, un bilan positif

Le passage de Marc Brys à la tête de l’équipe nationale camerounaise n’aura duré qu’un peu plus d’un an. Dès sa nomination par le ministère des Sports, sa légitimité a été contestée par la Fecafoot, engendrant un bras de fer institutionnel persistant. Ce climat conflictuel a sérieusement compromis la mise en œuvre de son projet sportif.

Malgré tout, le technicien belge peut se targuer d’un bilan honorable : en 12 rencontres, il a enregistré 7 victoires et 5 matchs nuls, sans la moindre défaite. Une performance notable dans un contexte de tension constante et de manque de sérénité.

Avec ce départ précipité, le Cameroun entre une fois de plus dans une zone de turbulence à un moment crucial pour ses échéances sportives. Reste à savoir si cette énième crise débouchera sur une réforme profonde ou si elle perpétuera les dysfonctionnements qui minent l’encadrement du football camerounais depuis plusieurs années.

Serge Kakpochichi

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