Le 12 août 2025, Journée internationale de la jeunesse, la vice-présidente du Réseau des Femmes Élues Locales d’Afrique (RéFELA-Bénin) et conseillère municipale à Parakou, Adizatou Arouna, n’a pas mâché ses mots. Dans une déclaration à la fois lucide et percutante, elle a interpellé frontalement la jeunesse béninoise, l’invitant à « passer des paroles aux actes » à l’approche des élections de 2026.
Ce discours, loin d’être un simple appel protocolaire, sonne comme un électrochoc. Il touche à un mal profond : l’écart entre les ambitions affichées par la jeunesse et son réel niveau d’engagement. Adizatou Arouna met le doigt sur une contradiction trop souvent observée : l’enthousiasme éphémère des jeunes en période de campagne, vite dissipé dès que les projecteurs s’éteignent. Elle va plus loin, dénonçant cette tendance à revendiquer des droits sans assumer la rigueur et la constance qu’impose la responsabilité politique.
La métaphore qu’elle emploie, vouloir la lumière sans se lever pour allumer l’interrupteur, illustre avec force l’inaction qui mine la crédibilité d’une génération pourtant considérée comme l’avenir du pays. Derrière cette image, c’est un constat amer : sans discipline, sans organisation et sans constance, la jeunesse ne pourra jamais s’imposer dans les arènes où se façonnent les décisions.
L’intervention de la vice-présidente du RéFELA-Bénin prend une résonance particulière dans un contexte où les élections de 2026 s’annoncent décisives pour le Bénin. Elles représentent une fenêtre rare pour tester la capacité de la jeunesse à s’organiser, à défendre ses propres candidats, à imposer ses thèmes dans le débat public et à ne pas se contenter d’un rôle d’appoint dans les stratégies politiques des autres.
Son message est donc un double avertissement : d’un côté, elle prévient que le simple discours ne suffira plus ; de l’autre, elle fixe la barre de l’exigence – formation, présence active dans les espaces citoyens, création de mouvements, propositions concrètes et critique constructive.
En réalité, ce qu’Adizatou Arouna met sur la table, c’est la nécessité pour la jeunesse béninoise de rompre avec la posture d’« invité » en politique pour devenir un véritable acteur. 2026 ne sera pas seulement une élection, mais un test grandeur nature de cette mutation. Et si ses mots trouvent écho, alors peut-être que l’histoire retiendra ce 12 août 2025 comme un point de bascule.
Patrice BIAOU
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