• Tout savoir sur cette journée
La communauté internationale a célébré le Mardi 10 septembre 2024, la journée internationale de Prévention du suicide. Instaurée depuis 2003 par l’Association internationale pour la prévention du suicide (IASP) co-parrainée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cette journée vise à sensibiliser le grand public sur le suicide en tant qu’important problème de société et à l’informer sur les actions de prévention à sa portée.
En effet, quand on se base sur la plupart des chiffres publiés par l’OMS, l’on se rend compte que le taux de suicide dans le monde ne cesse de s’amplifier. On pourrait prendre par exemple le cas du Bénin, où l’on a constaté une recrudescence de suicide, rien qu’au cours de cette année 2024. Face à ce constat, il urge donc que le monde soit sensibilisé sur ce phénomène, d’où l’instauration de cette journée.
Dans nos sociétés, quand une personne se suicide, on a tendance à se demander ce qui a bien pu la pousser à commettre cet acte. Une question à laquelle, Docteur Agossou Sagbo Boris, Psychologue clinicien et Directeur du Cabinet ‹‹ Meilleure vie ›› sis à Trokpocodjie, a bien vous nous apportez des éclaircissements en nous parlant des causes du suicide et des mesures de prévention.
Pour lui, plusieurs raisons peuvent pousser une personne à se suicider. La première raison, c’est l’évitement. Il y a des gens qui se suicident parce qu’ils veulent éviter ou fuir, une situation qu’ils jugent trop douloureuse. Un peu comme le cas d’une personne qui apprend qu’elle souffre d’une maladie inguérissable qui n’a pas la capacité de supporter ce fait. La deuxième raison, est causée par une véritable conduite auto-agressive qui désigne une intense agressivité contre soi-même. Dans ce cas, il s’agit d’une personne atteinte d’une dépression mélancolique, une forme de dépression qui s’accompagne des idées suicidaires et parfois du passage à l’acte. raison est un appel au secours, une sorte de message adressé à un entourage jugé trop indifférent ou hostile. Ceci survient, lorsqu’une personne vit une situation et souhaite que son entourage l’écoute alors l’entourage agit contrairement à ses attentes. À ce moment, le sujet peut avoir des idées suicidaires et aller jusqu’à faire une tentative de suicide. Donc dans cette dernière forme, le sujet ne passe pas à l’acte, mais stimule l’acte pour avoir un peu d’attention.
Eu égard toutes ses causes, l’on comprends donc que tous ceux qui se suicident ne sont pas forcément tous déprimés.
Placé sous le thème ‹‹ Changer le discours sur le suicide », pour les années 2024 à 2026, le but visé par ce thème est de transformer la façon dont est perçue le suicide.
Comment s’y prendre alors pour changer de discours sur le suicide ?
Pour le Docteur Agossou Sagbo Boris, le changement de discours sur le suicide, doit passer par une réévaluation des causes psycho-socio culturelles dans nos sociétés, afin de déterminer les factures qui sont aujourd’hui à la base du suicide de nos populations. Car, dans le contexte africain, le suicide peut être la conséquence d’un envoûtement spirituel. Faire donc une étude sur cette question permettra de mieux comprendre l’état d’esprit et l’état de santé mentale de la population, encore que nous ne disposons d’aucune étude nationale et régionale réalisée sur cette thématique ou sur la thématique de la santé mentale. Ensuite, il faudrait beaucoup prévenir le suicide. Ceci en mettant en place des mécanismes de prévention qui pourrait permettre aux personnes de ne pas penser au suicide ; de subventionner les structures qui sont chargées de faire les soins psychologiques à la population ; offrir une panoplie de soins aux démunis de notre population notamment sur les souffrances psychologiques. Ces mesures nous permettront d’anticiper à la survenue du suicide.
Comme on le dit, prévenir vaut mieux que guérir. À cet effet, le Docteur Agossou Sagbo Boris, recommande à tous ceux qui traversent des moments durs et qui ont des pensées suicidaires à apprendre à accepter leur situation et à faire la paix avec eux-mêmes, à travailler sur eux-mêmes de sorte à ne pas culpabiliser, car la culpabilité est une des causes qui conduit à la dépression puis au suicide, à éviter également les comparaisons avec les autres, car c’est un signe qui conduit également à la dépression puis plus tard au suicide. ‹‹ Tout ce qu’ils vivent aujourd’hui est toujours pour leur bien. Le malheur vécu aujourd’hui peut être source de bonheur, d’évolution et de formation demain. Cette situation les prépare à un avenir meilleur ››, a-t-il déclaré pour finir.
Outre les conseils du Dr Agossou Sagbo Boris, nous recommandons également à tout un chacun, de s’ouvrir à une personne de confiance dans son entourage quand il traverse une situation difficile et douloureuse. De ne pas garder tous ses soucis pour lui-même, de peur de sombrer dans une dépression qui pourrait le conduire vers le suicide. À la population, nous recommandons une vigilance vis-à-vis de votre entourage. Dès que vous voyez une personne qui traverse des moments difficiles ou qui culpabilise pour un acte, essayer d’être là pour elle, d’être cette personne de confiance à qui elle pourrait se confier sans que vous ne la jugiez. Soyez là pour votre entourage.
Kadidjath MOROU
