Le Brûlot : Du Bénin de chacun !

Le Bénin, est désormais un pays compartimenté où vivent des compatriotes aux perceptions diamétralement opposées sur le mieux-être. Ici, dans les fanges de la République des merveilles inédites, ceux qui ont pour quotidien la crasse et la vacuité du panier de la ménagère. Ceux-là qui côtoient le maïs à prix d’or et qui n’ont que leur silence pour crier dans ce désert de survie où aucun oasis de subsistance ne se dessine à l’horizon. Là-bas, les maîtres de la dithyrambe qui voient dans la misère endémique des masses affamées par réformes et mesures affligeantes, un Bénin transformé de Fond en Comble où même Hercule ne trouverait plus rien à faire. Ceux-là vivent à côté des autres, les plus nombreux d’ailleurs, dans un Bénin qui se fait désirer des grandes mégalopoles du monde où l’œuvre de construction est pourtant loin d’être achevée. Dans des processions qu’ils refusent de reconnaître similaires aux marches de soutiens d’une autre époque, ils louent les mérites et saluent les prouesses du grand bâtisseur d’un Bénin prétendument perdu hier dans les labyrinthes de la déchéance morale. Pourtant, la misère reste le quotidien du grand nombre qui ne sait plus à quel saint se vouer. Dans ce désespoir de cause, l’odyssée vers la Méditerranée fait aussi son lot de victimes qui viennent en rajouter aux afflictions de ce Bénin en rupture sociale avec son peuple. Mais ici, c’est motus bouche cousue ! Peine perdue d’en parler au risque de subir la Vendetta de ceux qui vivent au paradis de ce coin d’enfer que le diable lui-même a fini par quitter pour se trouver meilleur géhenne. S’il est donc vrai que tout n’est pas sombre avec les quelques efforts de construction d’une nation où chacun peut trouver sa part de labeur, il faut tout de même accepter que la masse ne vit pas bien. Le dire n’est point de la lèse-majesté. C’est un devoir citoyen pour que renaissance ce Bénin où chacun puisse vivre même quand la crise se veut mondiale et que les solutions sont dans la conjugaison des efforts pour le minimum social commun. Alors, chers compatriotes de la 13ème, ce Bénin que vous nous miroitez est peut-être réel mais il ne donne plus à tous la pitance journalière. Sortez alors de vos illusions asphaltées pour aller découvrir l’autre Bénin qui s’affaisse au cachot du désespoir. Le bon sens aidant…

Raoul HOUNTONDJI

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