Dans une cour où le silence pesant du patriarche condamné résonne encore, voilà que les héritiers du verbe facile se disputent la tunique du chef absent. L’un crie à l’usurpation, l’autre brandit des procès-verbaux d’une messe improvisée. Entre deux micros et trois caméras, les soutiens de l’ombre sortent au soleil, se cherchent un nom neuf, une légitimité toute neuve comme si la fidélité à une cause se recyclait comme une vieille affiche de campagne.
L’ancien enfant de la maison, désormais décrié par ses anciens compagnons de couloir, est accusé de vouloir flirter avec les bancs de l’opposition. Crime suprême, dans une République où l’on ne doit jamais regarder le trône sans y voir le reflet du Roi.
Mais ne nous y trompons pas : ici, ce n’est pas une guerre d’idées. C’est une foire aux ambitions. Et dans ce marché d’opportunités, le logo change, les titres se redistribuent, les communiqués se multiplient. On appelle cela un “renouveau”. Les anciens exclus deviennent présidents, les présidents deviennent indésirables, et la légitimité devient un jeu de chaises musicales.
Derrière ces clameurs, une seule vérité : OB26, ce n’était pas un mouvement, c’était un pari. Celui de marcher dans l’ombre d’un homme puissant. Mais quand l’ombre vacille, chacun court chercher la lumière ailleurs. Triste sort pour un héritage construit sur des non-dits et des fidélités provisoires.
À ceux qui rêvent encore d’alternance dans la continuité, nous dirons ceci : on ne reconstruit pas une maison en changeant juste l’écriteau. Et à ceux qui se battent aujourd’hui pour des postes dans une “nouvelle dynamique”, qu’ils se souviennent que l’histoire politique ne s’écrit pas au feutre sur des banderoles, mais dans la constance et la loyauté. Deux choses qui, manifestement, se perdent très vite quand le vent tourne
BKP
