MÉDIAS TRADITIONNELS SOUS PRESSION : Le diagnostic du journaliste Léonide GLEGAN

L’essor fulgurant des réseaux sociaux au Bénin redessine en profondeur le paysage médiatique national. Face à cette transformation, Le professionnel des Médias, Léonide GLEGAN, propose une lecture rigoureuse des dynamiques en cours, mettant en lumière les défis et perspectives d’un secteur en recomposition.

Dans une étude fondée sur une double approche théorique et empirique, l’analyste identifie trois mutations majeures induites par les plateformes numériques : la reconfiguration des usages informationnels, la fragilisation économique des médias traditionnels et la montée de nouvelles tensions éthiques. Les données recueillies auprès de 100 répondants révèlent que 45 % des Béninois s’informent d’abord via les réseaux sociaux, contre 12 % pour la radio et 8 % seulement pour la presse écrite. Pourtant, 53 % d’entre eux doutent de la fiabilité des contenus qui y circulent.

Ce paradoxe, usage massif mais confiance relative, appelle une réflexion stratégique pour les médias classiques. Pour Léonide GLEGAN, quatre scénarios s’offrent à eux : la résistance stérile, la marginalisation, la coexistence ou la réinvention. Seule cette dernière voie, selon lui, peut garantir leur survie dans un écosystème dominé par la vitesse, l’instantanéité et l’interaction.

L’analyse met également en évidence l’impératif d’un aggiornamento éditorial et technologique. Les médias classiques doivent désormais s’adapter à une nouvelle grammaire de l’information, fondée sur des formats courts, visuels et interactifs, tout en préservant les exigences professionnelles de vérification, de rigueur et de responsabilité. Cela suppose une refonte des lignes éditoriales, une formation continue des journalistes, mais aussi un dialogue accru avec les régulateurs pour préserver l’équilibre entre liberté d’expression et fiabilité de l’information.

L’approche prospective de l’expert ouvre enfin sur des pistes concrètes : investissement dans les outils numériques, hybridation des formats, développement de modèles économiques mixtes et refonte du lien de confiance avec les audiences. Pour lui, le défi n’est pas seulement technologique, il est aussi culturel. Il s’agit de penser autrement l’information, sans renier les fondamentaux du journalisme.

À l’heure où les réseaux sociaux bousculent l’ordre établi, l’analyse de Léonide GLEGAN sonne comme un appel : repenser, innover, se réinventer… ou disparaître.

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