Le climat politique béninois s’est une fois de plus tendu ce dimanche 9 février 2025, avec l’interdiction du meeting de reddition de comptes initié par les députés du parti Les Démocrates dans la commune d’Abomey-Calavi. Alors que les organisateurs affirment avoir respecté toutes les formalités légales, les forces de l’ordre ont bloqué l’accès au site, empêchant la tenue de l’événement. Une situation qui ravive les accusations de restriction de l’espace politique et de musellement de l’opposition.
Prévu à Tankpè, ce meeting devait permettre aux élus du parti Les Démocrates de rendre compte de leur action parlementaire aux militants et aux citoyens. Cependant, un important dispositif sécuritaire a été déployé, empêchant l’événement d’avoir lieu. Selon les autorités locales, la décision d’interdiction s’expliquerait par le non-respect de certaines formalités administratives.
Une version que réfutent fermement les organisateurs. « Nous avons rempli toutes les formalités et les conditions qu’exige la loi », a déclaré le secrétaire national à la communication du parti, Dr Guy Dossou Mitokpè. Il affirme que cette interdiction s’inscrit dans une série de restrictions dont le parti serait victime à travers le pays.
Ce n’est pas la première fois que Les Démocrates dénoncent des entraves à leur activité politique. Selon Guy Mitokpè, plusieurs tentatives de meetings et de rencontres avec les militants ont été empêchées ces derniers mois dans différentes localités du pays, notamment à N’Dali et dans les Aguégués.
« Ce qui s’est passé à Tankpè n’est qu’un test pour voir si, après avoir scrupuleusement suivi les procédures, on nous empêcherait encore d’exercer nos droits politiques », a-t-il expliqué. Le parti estime que cette situation est une atteinte à la démocratie et un signal inquiétant pour le pluralisme politique au Bénin.
L’interdiction du meeting de Tankpè relance le débat sur l’ouverture de l’espace politique au Bénin. Si les autorités évoquent des motifs administratifs, l’opposition y voit une volonté de limiter son influence et son rayonnement auprès de la population.
« Nous allons vous demander de rester mobilisés. Ce combat ne fait que commencer », a lancé le député Antonin Modofi Hounga à ses partisans.
Face à cette situation, le parti Les Démocrates pourrait chercher à porter l’affaire devant les juridictions compétentes ou à saisir les instances internationales pour alerter sur l’état de la démocratie béninoise.
L’incident de Tankpè illustre une nouvelle fois les tensions persistantes autour de l’exercice des libertés politiques au Bénin. Alors que Les Démocrates dénoncent un verrouillage progressif de l’espace démocratique, cette situation soulève des interrogations sur l’accès des partis d’opposition à l’espace public. À l’approche des prochaines échéances électorales, la question de l’équité et du respect des droits politiques reste un enjeu majeur pour la consolidation démocratique du pays.
Danny-Marc BIAOU
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