La vindicte populaire continue de sévir au Bénin. Le dimanche 1er septembre 2024, à Nikki, deux présumés voleurs de moto ont été victimes de la vindicte populaire. L’un d’eux a perdu la vie, tandis que l’autre a survécu grâce à l’intervention des policiers arrivés sur les lieux.
Selon l’Œil du Bénin, les deux individus appartiendraient à un réseau de bandits spécialisé dans le vol de motos et les braquages à main armée dans la ville de Nikki et ses environs. D’après des témoignages, ces présumés bandits étaient venus opérer comme à leur habitude, mais leur plan a été déjoué. Une enquête minutieuse menée dans la commune après plusieurs cas de vols a permis de les appréhender. Au lieu de laisser la justice suivre son cours, la population a choisi de se faire justice elle-même, entraînant la mort de l’un des suspects et l’autre, sauvé par la voiture des policiers venus sur les lieux.
Il est important de noter une recrudescence des vindictes populaires dans tout le pays. En juillet 2024, trois personnes présumées ritualistes d’argent ont été victimes de vindicte populaire à Natitingou, précisément dans l’arrondissement de Kotopounga. Toujours en juillet, un bouvier a été lynché par une population furieuse à Lokossa, accusé d’avoir tué un agriculteur. La liste des incidents est longue. Bien que ces accusations soient parfois fondées, toute victime de la vindicte populaire est-elle toujours coupable ?
Bien que certaines victimes soient parfois coupables, notre conscience nous pousse à croire que d’autres subissent innocemment la colère de la population. Le 20 octobre 2021, Eloi Dogo, un étudiant de 22 ans en licence de sciences juridiques et politiques à l’Université de Parakou, a été confondu avec un braqueur et brûlé vif.
Même si toutes les victimes étaient coupables, la vindicte populaire répare-t-elle les dommages commis par ces dernières ? Non, je ne le crois pas. Face à cette situation, il serait souhaitable que l’État sorte de son silence. Pas pour dire que rien n’est fait, mais « tant qu’il reste à faire, c’est que rien n’est fait » , dit-on. Il serait de ce fait bien de renforcer les mesures existantes. L’état pourrait, par exemple, sensibiliser la population des villes jusqu’aux zones rurales les plus reculées du pays sur ces actes inhumains et punir avec la plus grande rigueur ceux qui persistent dans cette voie. Quant à la population, prendre conscience que cet acte n’a jamais résolue un problème, mais l’a plutôt aggravé, serait un pas indéniable vers son abandon total.
Bambo Nestor NOANTI
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