À Pahou, une opération de libération de l’espace public a pris une tournure inattendue ce mardi 3 décembre 2024, avec la destruction d’une église, de boutiques et de hangars. Des commerçants choqués dénoncent un manque de communication préalable. Cependant, certains habitants, comme une vendeuse du marché, saluent cette initiative, qui pourrait améliorer les conditions de vente.
L’opération de libération de l’espace public à Pahou, survenue ce mardi matin, a suscité une grande agitation parmi les habitants, notamment les commerçants locaux. À l’aide de bulldozers, les autorités locales ont procédé à la démolition de plusieurs infrastructures, notamment une église, des boutiques et divers hangars, situés près du marché de Pahou. Cette opération, qui s’inscrit dans un processus visant à dégager l’espace public des occupations illégales, a cependant pris de court de nombreux commerçants et habitants.
« Très tôt le matin, le commissaire, le préfet et le chef d’arrondissement sont passés nous informer que nos installations allaient être détruites sans avertissement », a témoigné l’un des commerçants impactés. Il souligne qu’aucune information préalable n’avait été donnée, rendant impossible l’évacuation de leurs biens avant la démolition. Une autre victime a également déploré l’absence de communication officielle, précisant : « Officiellement, je n’ai reçu aucun document attestant qu’une démolition aurait lieu aujourd’hui. Tout à coup, nous avons observé le rouleau compresseur procéder à la destruction de toutes les boutiques. »
Face à ces accusations, le maire de Ouidah, qui supervisait l’opération, a justifié la démarche en soulignant que des campagnes de sensibilisation avaient été menées dans les semaines précédentes. Ces campagnes visaient à informer les occupants illégaux sur la nécessité de libérer les espaces publics et de respecter la réglementation en vigueur.
Si pour certains, l’opération s’apparente à une perte inévitable, d’autres, comme une vendeuse au marché de Pahou, accueillent la mesure d’un œil positif. Selon elle, la démolition des boutiques permettra de redynamiser l’activité du marché, offrant ainsi de meilleures conditions de vente. « Maintenant, nous pourrons vendre dans de meilleures conditions », a-t-elle confié, ajoutant que les propriétaires des boutiques détruites étaient responsables de la baisse de fréquentation du marché. Selon cette vendeuse, la destruction des structures commerciales illégales favorisera un meilleur environnement pour les vendeuses du marché.
En dépit des divergences d’opinions, cette opération de libération de l’espace public, qui a pris tout le monde de court, soulève des questions sur la gestion de la communication et l’équilibre entre le respect de l’ordre public et la protection des intérêts des commerçants locaux.
Si l’opération vise à améliorer l’organisation urbaine de Pahou et à libérer l’espace public pour des projets futurs, elle laisse derrière elle des frustrations et des incertitudes pour les commerçants évincés. Le dialogue et la concertation semblent désormais nécessaires pour apaiser les tensions et trouver des solutions justes pour tous les acteurs concernés.
José Pascaël AGBO
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