À Parakou, les marchés Azèkè et Rose-Croix affichent les premières couleurs de la saison de l’igname. Mais cette année encore, l’abondance se fait désirer. Quelques tas à peine sur les étals, et une seule variété domine la scène : le Labôkô, appelé aussi Kouna dans les milieux dendi et bariba.
Au marché Rose-Croix, les tubercules fraîchement déterrées s’alignent avec soin, étiquetées entre 4 000 et 4 500 FCFA. « C’est tout ce qu’on a pour l’instant, les autres variétés ne sont pas encore sorties », confie une vendeuse, l’air concentré sur la négociation avec ses clients.
Même tableau au marché Azèkè, où le Labôkô règne sans partage. Ici, les prix oscillent entre 3 000 et 4 500 FCFA. Les commerçantes l’assurent : « C’est normal que ce soit cher, ce sont les premières récoltes. Les prix vont baisser dans quelques semaines. »
À l’approche de la fête de l’igname à Savalou, les réactions des clients sont partagées. Certains, impatients, n’hésitent pas à acheter malgré le tarif. « Comme je ne pourrai pas aller à la fête, je préfère préparer ici mon igname pilée. Les prix sont corrects pour une nouvelle récolte », explique un client originaire de Savalou.
D’autres, plus prudents, préfèrent attendre. « C’est trop cher. Je vais patienter que les prix descendent », lâche une ménagère, calculatrice à la main.
Pour l’heure, la nouvelle igname s’installe timidement dans les assiettes de Parakou. Le Labôkô en est le précurseur, en attendant l’arrivée d’autres variétés qui viendront garnir les marchés et, surtout, adoucir les prix.
Kadidjath MOROU
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